Booster l’innovation en Grand Est le 26 juin 2018 à Metz

, par christophe Juppin

Grand E-nov, la nouvelle Agence Régionale d’Innovation du Grand Est, vient d’être lancée le mardi 26 juin 2018 à Metz. Elle a pour objectif de répondre aux besoins des entreprises en matière d’innovation sous toutes ses formes, en cohérence avec le Schéma Régional de Développement Économique, d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII).

Implantée à Reims/Bezannes, Troyes, Metz, Nancy, Mulhouse et Strasbourg, Grand E-nov, la nouvelle Agence Régionale d’Innovation du Grand Est pourra accompagner plus d’une centaine d’entreprises, au plus près des territoires.

Cette nouvelle agence accompagne les entreprises, petites ou grandes, primo-innovantes ou matures, dans tous leurs projets d’innovation : nouveaux produits ou services à mettre sur le marché, structuration d’un projet de Recherche et Développement, identification de partenaires technologiques ou de start-ups, transformation digitale ou accès à des financements régionaux, nationaux ou européens, etc. Premier maillon pour l’appui aux territoires, elle permet désormais de répondre de manière coordonnée et unique aux entreprises du Grand Est.

Quatre missions principales lui sont allouées :

- L’ingénierie de projets d’innovation
- L’accélération pour start-up en post incubation et accompagnement à la levée de fonds
- Le financement des solutions d’innovation
- L’accompagnement des projets territoriaux d’innovation

Une gouvernance partagée

Parce que l’innovation représente un enjeu fort pour le développement de nos territoires, Grand E-nov s’est structurée autour d’une gouvernance multi-compétences. Un Bureau, un Directoire, un Comité de Surveillance et 2 Comités Stratégiques “entreprises” et “territorial” sont mis en place afin d’assurer une gouvernance cohérente et répondre aux besoins du territoire du Grand Est.

Le Comité Stratégique des Entreprises Innovantes se réunit quant à lui 2 fois par an pour partager les bonnes pratiques en matière d’innovation, identifier les besoins des entreprises du territoire.

Le Comité Stratégique Territorial se compose de métropoles. Tout en respectant leurs stratégies propres, le Comité Stratégique a pour mission de :

- favoriser le partage de bonnes pratiques entre territoires en ce qui concerne l’innovation,
- éclairer la Région sur les actions nécessaires et les politiques à mener en faveur des territoires innovants,
- apporter de l’expertise sur le sujet de la relation entre un territoire et l’innovation à travers de la veille sur : les expérimentations, les démonstrations, la commande publique.

Aussi, Etienne LEROI, membre de la CCI Grand Est et Directeur Général de N.SCHLUMBERGER, a été élu Président de Grand E-nov.
Lilla MERABET, Vice-Présidente de la Région Grand Est, en charge de la compétitivité, du numérique et des filières d’excellence, a été élue pour sa part Vice-Présidente de Grand E-nov.
Philippe COLSON, Directeur Général de la CCI Grand Est, a été élu Secrétaire et François CHARLIER, Adjoint au Directeur Général des Services de la Région Grand Est, Trésorier de la nouvelle agence.
Le Président de la Région Grand Est, Jean ROTTNER, a été nommé Président du Conseil de surveillance, rejoint par Gilbert STIMPFLIN, Président de la CCI Grand Est.

Publié le 26 juin 2018 dans https://www.grandest.fr



Pour en savoir plus :

- David Biguet : « Il n’y a pas une, mais des industries du futur »
- Le contexte économique Grand Est est favorable au deuxième trimestre 2017
- Création de l’Agence Régionale de l’Innovation – Grand E-nov
- La Région Grand Est et la CCI de région Grand Est signent une convention cadre de partenariat le 15 février 2018
Interview de Étienne Leroi : Président Grand E-Nov Membre titulaire de la CCI Grand - Est - Directeur Général de NSC Schlumberger
- Booster l’innovation en Grand Est le 26 juin 2018 à Metz


 

Interview de Étienne Leroi : Président Grand E-Nov, Membre titulaire de la CCI Grand Est et Directeur Général de NSC Schlumberger « L’innovation appartient aux passionnés »

, par christophe Juppin

Le 27 janvier 2018, Grand E-Nov, l’agence régionale de l’innovation du Grand Est, a pris le relais d’Alsace Innovation. A cette occasion, nous nous sommes entretenus avec Étienne Leroi : Président Grand E-Nov Membre titulaire de la CCI Grand Est - Directeur Général de NSC


Le 27 janvier 2018, Grand E-Nov, l’agence régionale de l’innovation du Grand Est, a pris le relais d’Alsace Innovation. Vous en avez été élu président. Qu’est-ce que cela change ?

Étienne Leroi • Avec la création par la Région et la CCI d’une agence de l’innovation à l’échelle du Grand Est, les services aux entreprises ne seront pas dilués dans une grande organisation. Ils resteront au même niveau de qualité et avec le même nombre d’interlocuteurs en Alsace qu’auparavant. Mais en plus, nous offrirons l’avantage d’augmenter les opportunités de mise en réseau, puisque nous bénéficierons de connections avec les entreprises de Lorraine et de Champagne-Ardenne. J’ai également défendu dans cette nouvelle structure le modèle alsacien de financement : 1/3 Région, 1/3 CCI et 1/3 d’autofinancement. Cela veut donc dire que les entreprises doivent payer nos prestations. Je suis convaincu que ce qui est gratuit n’a pas de valeur. Dans l’innovation, il faut que l’entreprise y croie, qu’elle s’engage. Si elle n’est pas en mesure de régler 2500 € pour un diagnostic sérieux, on peut s’interroger sur ses motivations et ses chances réelles de succès.

Quelles sont les missions de Grand E-Nov ?

Étienne Leroi • Nous gardons nos trois missions principales : d’abord l’ingénierie de projets comprenant la détection, le diagnostic et la structuration de l’innovation, ensuite le développement des start-up après incubation, avec comme objectif de leur faire dépasser le million d’€ de chiffre d’affaires, de créer de la valeur et donc de l’emploi, et enfin l’accès à des financements régionaux, nationaux ou européens. Une nouvelle mission complétera ce dispositif : l’accompagnement des projets territoriaux d’innovation portés par l’Eurométropole, Mulhouse Alsace Agglomération (m2A) et d’autres villes du Grand Est. Nous allons également développer des offres de formation à l’innovation.

Quel bilan tirez-vous de l’action d’Alsace Innovation de ces trois dernières années ?

Étienne Leroi • Nous avons accompagné, ces trois dernières années, 257 projets dans tous les domaines : industrie, commerce, services. Entre 2012 et 2017, 44,6 millions d’€ ont été injectés dans des entreprises innovantes. En comparaison avec d’autres régions, nous nous situons dans le tiercé de tête avec la Bretagne et la Normandie. Mais en réalité, ce n’est pas nous qui faisons l’innovation, elle vient de l’entreprise. L’innovation est irrésistible, elle émerge forcément, nous lui apportons simplement des vitamines pour l’accélérer, c’est-à-dire pour lui permettre d’arriver sur le marché en trois ans au lieu de dix.

Comment faire pour inciter les jeunes à se lancer dans des entreprises innovantes ?

Étienne Leroi • C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. J’ai d’ailleurs été très fier de parrainer une promotion de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA). Je remarque que les jeunes ont de plus en plus envie de créer leur entreprise. Ils sont créatifs, donc innovants par nature. Nous les incitons à faire éclore leurs idées au sein d’un incubateur, puis nous les récupérons pour les aider à grandir en leur apportant une aide technique et un financement. Nous allons donc organiser des actions qui leur seront spécialement dédiées en liaison avec les universités et les grandes écoles.


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Étienne Leroi : Président Grand E-Nov Membre titulaire de la CCI Grand Est - Directeur Général de NSC

Quelles sont pour vous les plus belles « histoires » d’entreprises que vous avez accompagnées ?

Étienne Leroi • Il y en a beaucoup, mais la première qui me vient à l’esprit est celle de Systancia basée à Sausheim, spécialiste en cybersécurité et en virtualisation du poste de travail, qui a connu une croissance à deux chiffres ces dernières années, y compris à l’international. Ses effectifs sont passés de trois salariés à plus de 100 actuellement. Dans des secteurs moins high-tech, Alsace Tôlerie à Colmar avec son site de commande de pièces découpées en ligne démontre que l’innovation est possible même dans des secteurs traditionnels. De même la corderie plus que centenaire Meyer-Sansboeuf à Guebwiller capable de concevoir des ficelles à rôtis, aussi bien que la corde qui a permis d’extraire le cœur du réacteur nucléaire à Fukushima !

Les Trophées de l’Innovation auront-ils encore lieu cette année en Alsace ?

Étienne Leroi • Les Trophées constituent une très belle occasion de porter l’innovation à la connaissance du grand public. En 14 ans, nous avons récompensé 361 entreprises dans tous les domaines et à ma connaissance, tous les projets ont fonctionné. Nous en gardons donc l’idée dans le cadre de Grand E-Nov. Toutefois, dans un souci de proximité, les Trophées seront sans doute organisés au niveau de chaque territoire, donc bien sûr en Alsace.


Propos recueillis par Patrick Heulin

Publié par Patrick Heulin le 09 mai 2018 dans https://www.pointecoalsace.fr


Pour en savoir plus :

- David Biguet : « Il n’y a pas une, mais des industries du futur »
- Le contexte économique Grand Est est favorable au deuxième trimestre 2017
- Création de l’Agence Régionale de l’Innovation – Grand E-nov
- La Région Grand Est et la CCI de région Grand Est signent une convention cadre de partenariat le 15 février 2018
- Interview de Étienne Leroi : Président Grand E-Nov, Membre titulaire de la CCI Grand Est, et Directeur Général de NSC Schlumberger


 

Les entreprises du Grand Est en route vers l’Industrie du Futur du 23 au 27 avril 2018 La Foire de Hanovre, une opportunité pour les entreprises de la Région

, par christophe Juppin

12 PME innovantes de la région, accompagnées par la Région Grand Est dans le cadre de la démarche Industrie du Futur, ont exposé leur savoir-faire à la Foire de Hanovre (Allemagne) du 23 au 27 avril 2018.


Rendez-vous incontournable pour les industries, la Foire de Hanovre est le plus grand salon de la technologie industrielle au monde : une opportunité pour les sociétés, sélectionnées par la Région, de faire connaître leurs solutions technologiques innovantes pour gagner en flexibilité et en connectivité :

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3P Performance Plastics Products implanté à #Langres présente ses développement de solutions composites de haute performance sur le stand @regiongrandest à la @hannover_messe

-  3P – Produits Plastiques Performants, spécialisée dans la fabrication de pièces techniques en matière plastique, à Langres (52),
- Alchimies, qui propose des machines spéciales de fabrication additive, à Dieuze (57),
- Haptic Media, qui propose de nouvelles solutions de visualisation et personnalisation de produits interactifs en 3D pour le commerce connecté, à Strasbourg (67),
- Namkin, un centre de compétences, de ressources et d’innovation en marketing industriel et technologique, à Rosières-près-Troyes (10),
- Norcan, leader en France des solutions mécano montées en aluminium, à Haguenau (67), qui propose également un robot collaboratif d’assistance à la manutention,
- Opta LP, spécialisée dans le domaine de l’optimisation de la logistique et de la production, à Rosières-près-Troyes (10),
- Pertech Solutions, éditeur et concepteur de solutions et de technologies d’eye tracking, à Mulhouse (68),
- Predict, spécialisée dans la surveillance, le diagnostic et la maintenance à distance des installations industrielles, à Vandoeuvre-lès-Nancy (54),
- R&D Project Managing, spécialisée en ilots robotisés et en équipements technologiques, à Dossenheim-sur-Zinsel (67),
- Sirfull, spécialisée dans l’ingénierie et les études techniques, à Schiltigheim (67),
- Solu Tech, une société de services en automatisme, informatique-industrielle, contrôle-vision et robotique, à Rosheim (67),
- Tecma Aries, un concepteur et fabricant de fins de lignes d’emballage complètes, à Rosières-près-Troyes (10).

Durant 5 jours, ces entreprises ont pu nouer des contacts, échanger, s’enrichir mutuellement de leurs pratiques et profiter de la dynamique du salon.

Par ailleurs, les industriels européens auront à nouveau l’opportunité de se rencontrer en novembre 2018 à l’occasion du salon Be 4.0, qui se déroulera à Mulhouse. Plus de 3 500 visiteurs sont attendus.

250 entreprises engagées dans l’Industrie du Futur

Cette opération s’inscrit dans le cadre du plan régional « Industrie du Futur », qui doit permettre aux entreprises industrielles de transformer leurs sites de production en unités plus intelligentes, flexibles, connectées et respectueuses de leur environnement.

250 entreprises sont désormais engagées dans la démarche « Industrie du Futur » via le diagnostic de performance industrielle. Le plan Industrie du Futur, construit et piloté par la Région, vise à permettre aux entreprises, dans un contexte marqué par de fortes mutations économiques, d’entrer dans l’ère du 4.0 et de se moderniser. Il s’agit d’aider les entreprises à intégrer les nouvelles technologies et les nouvelles méthodes de production, tout en optimisant les ressources énergétiques et en repensant la place de l’homme dans l’entreprise.

L’ambition de la Région est d’accompagner la construction de l’économie de demain : une économie compétitive, innovante et en réseau au service des entreprises, de l’emploi et de l’attractivité. Depuis 2015, la Région a investi 3,5 millions d’euros dans ce plan au cœur du Schéma Régional de Développement Economique d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII).

Destiné aux PME industrielles, artisanales et agricoles à fort potentiel de croissance, le plan Industrie du Futur s’articule autour de 3 axes :
-  accompagner 100 à 150 entreprises industrielles chaque année via la réalisation d’un diagnostic (performance de l’outil de production et de l’organisation industrielle, utilisation des nouvelles technologies, excellence environnementale et RH),
- identifier les « offreurs de technologies » susceptibles de proposer des solutions aux entreprises pour gagner en flexibilité et connectivité, et les accompagner sur les marchés étrangers,
-  développer une communauté des leaders « Industrie du futur du Grand Est » regroupant des chefs d’entreprise du territoire et déjà engagé dans une démarche « Industrie du Futur ».


Publié le 30 avril 2018 dans www.grandest.fr


Pour en savoir plus :

- Matinale technologique n°16 : La robotique du futur : Robotique collaborative et Robotique mobile le 18 octobre 2017 à Nogent.
- Robotisons nos usines pour sauver notre industrie : Le nombre de robot par employé est inversement proportionnel au taux de chômage dans les pays industrialisés.
- David Biguet : « Il n’y a pas une, mais des industries du futur »
- Les entreprises du Grand Est en route vers l’Industrie du Futur du 23 au 27 avril 2018
- Matinale technologique n°21 : « L’Industrie du Futur : de quoi s’agit-il ? comment s’engager dans la démarche ? » le Mercredi 16 mai 2018 à Nogent

 

Un cluster dans la robotique « pour se tourner vers l’avenir » en Bourgogne-Franche-Comte en avril 2018

, par christophe Juppin

Le cluster Robotics Valley, à l’initiative notamment des Unions des industries et des métiers de la métallurgie de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire, veut créer une véritable dynamique dans un domaine d’avenir.

C’est sur la zone Cap Nord à Dijon, au sein de l’entreprise ACE - Automatismes du Centre Est - qu’ont été accueillis chefs d’entreprises et représentants de collectivités ou d’organismes partenaires du cluster.

Un plaisir pour Alain Roulon, président d’ACE, qui a d’abord évoqué son entreprise en parlant de « 45 ans d’aventure humaine », d’une aventure dont l’ADN est la sidérurgie (fabrication de pièces hydrauliques), aujourd’hui forte de 157 salariés sur 6 sites, dont 120 collaborateurs sur le site de Dijon.

Alain Roulon a d’ailleurs inscrit ACE dans la dynamique du cluster : « C’est la force du mouvement. Nous tenons à accompagner nos entreprises sur l’industrie 4.0. Développée seule, la robotique n’apporte rien. Nous avons une culture pour l’industrie du futur. C’est par la capacité à mobiliser sur des compétences transversales que nous arriverons à former des techniciens de demain ».

Promouvoir les usages de la robotique et qualifier la main d’oeuvre

Le cluster Robotics Valley s’inscrit telle une brique du programme portant sur l’industrie du futur en Bourgogne-Franche-Comté. Sa création est à l’initiative des UIMM 21 et 71. Elle est le résultat d’un groupe de travail et d’une étude auxquels ont contribué l’Etat, la Région et le CETIM (Centre technique des industries mécaniques).
Pierre-Etienne Girardot, chef du service Compétitivité des entreprises et développement des territoires à la DIRECCTE Bourgogne-Franche-Comté, l’a évoquée : l’étude a permis d’identifier et de clarifier les besoins, dans les grandes entreprises et dans les PME, des installateurs aux constructeurs (RB3D à Monéteau dans l’Yonne , Sarrazin à Perrecy-les-Forges, Vecteo au Creusot, MC Robotics à Besançon…), dans la robotique intégrée mais aussi dans les nouvelles robotiques. Sans oublier une vingtaine d’établissements en Bourgogne-Franche-Comté formateurs sur la thématique de la robotique.

Les enjeux mis en avant sont les suivants : démocratisation des usages de la robotique, qualification de la main d’oeuvre par un renfort de la formation, encourager les nouvelles robotiques impulsées par les " start-up " dans leurs structurations et dans leurs positionnements sur les marchés.

Pour l’UIMM 21, son président Philippe Guerit entend, dans une phase de reprise économique, axer la relance sur l’attractivité des métiers pour faciliter le recrutement tout en accompagnant les industriels vers les nouvelles technologies.

« Pour des projets tournés vers l’avenir »

Pour lui, la création du cluster en est une étape de plus, portée par le pôle de formation UIMM 21/71. Président de l’UIMM 71, Damien de Margon a insisté sur cette initiative, dont est partenaire l’Université de Bourgogne, en soulignant lui aussi une dynamique collective, « pour des projets tournés vers l’avenir et fédérateurs plus largement ». Le CETIM a ciblé la robotique comme un domaine du futur, qui crée de l’emploi et fait croître les entreprises.

« Que toutes ces forces convergent dans la même direction », a souhaité Yannick Mahé, en charge du pôle technologique, à propos d’un projet structurant pour l’avenir. Passé le contexte, sur lequel sont aussi revenus les représentants des collectivités (interventions à retrouver ci-dessous), il s’est arrêté sur les ambitions du projet : permettre aux PME, ETI et autres établissements concernés du territoire de disposer de supports techniques et de moyens technologiques mutualisés.
Ce cluster Robotics Valley, comptant déjà 9 projets de recherches, est amené aujourd’hui à se développer en « un lieu d’expérimentation, de synergies, de formation
 ».

Ils ont dit aussi

Denis Hameau
Conseiller métropolitain à Dijon Métropole

« C’est ici qu’on crée la valeur, qu’on crée les emplois, et qu’on fait le monde de demain. Je veux vous dire pourquoi les clusters sont importants pour nous. Et ils sont nombreux.
L’industrie en Bourgogne-Franche-Comté représente 90 000 personnes, et c’est la moitié en Bourgogne. C’est une industrie diverse.
Pour nous, le création de ce cluster Robotics Valley doit renforcer la filière autour de quatre axes majeurs : le développement de nouveaux marchés, l’innovation collaborative pour trouver de nouvelles inspirations, la formation et l’emploi.
On a voté un contrat Métropole-Région de 50 millions d’euros. L’innovation et la recherche y sont fortes. Je crois à ces croisements de compétences. Le cluster sera une réussite »

Jean-Claude Lagrange
Vice-président du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté

« Venant du bassin Le Creusot-Montceau, je suis bien content de voir des usines et des industries ici. Il est grand temps que le pays revienne à son tissu industriel. Le nombre de robots, c’est 30 000 en France et environ 200 000 en Allemagne.
On peut aujourd’hui parler de toute une région Bourgogne-Franche-Comté dont le potentiel industriel renaît, notamment avec les PME et les ETI.
Le soutien de la Région et de l’Etat, c’est un message très fort. La volonté de chacun ne suffit pas, il faut une envie collective de travailler. C’est cela la création d’un cluster. C’est un élément de plus dans la stratégie régionale. Et il y a un vrai sujet à saisir sur l’usine du future.
Marrions la créativité française à la rigueur allemande. On a trop dévoyé nos ETI. Il faut aujourd’hui les renforcer. La Région soutient déjà le cluster à hauteur de 300 000 euros, sans oublier toutes les actions qui pourront être financées.
Comme le disait Nelson Mandela : aucun d’entre nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès. »

Christiane Barret
Préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté

« Cet événement vient en clôture d’une Semaine de l’Industrie réussie. Je l’avais lancée le 26 mars avec l’UIMM. Cette opération a pour but de véhiculer une image positive de l’industrie auprès de jeunes, mais aussi auprès de leurs parents. Le deuxième objectif de cette Semaine est de valoriser les industries et leurs rôles économique et social, mais aussi leurs capacités à développer l’innovation. Il faut saluer l’action de tous les partenaires.

195 événements ont été labellisés Semaine de l’Industrie dans la région. Il y en avait 166 l’année dernière, et 152 lors de l’année précédente. La Bourgogne-Franche-Comté est la sixième région en termes d’événements.
L’industrie est encore une terre de conquêtes. On oublie souvent qu’elle représente 85 % de notre R&D et plus de 70 % de nos exportations. Et la recherche se fait aussi dans les entreprises.

C’est également la première fois cette année, depuis 17 ans, que l’industrie est créatrice nette d’emplois. Nous en avons créé 6 400 au dernier trimestre 2017, une belle performance qu’il convient de souligner. Chaque trimestre, ce sont plus de 100 000 offres d’emplois qui sont collectées par Pôle Emploi.

Ces réalités nous touchent particulièrement en Bourgogne-Franche-Comté car nous sommes la première région industrielle de France. Une culture industrielle y est fortement ancrée. Les emplois dans l’industrie représentent 17,3 % des emplois dans la région, contre 12,5 % au niveau national.

D’autre part, le thème de la Semaine de l’Industrie était l’industrie connectée. L’industrie est résolument moderne et se transforme à grande vitesse pour intégrer ces nouvelles technologies, de la robotisation en l’occurrence. Il y a un changement de paradigme à faire : célébrer nos réussites.

En termes de robotisation, ce n’est pas dénigrer mais c’est faire un constat, nous sommes en retard. Le chiffre objectivé, c’est 125 robots installés pour 10 000 salariés en 2016 en France, contre 282 en Allemagne et 435 en Corée. Notre pays a encore du travail.

On peut donc se féliciter de la dynamique lancée pour constituer ce cluster, dans la continuité des efforts déjà réalisés. Pour avancer, il y a des conditions, avec un aspect régional, transversal et de formation. Régional car le travail commun doit primer au-delà des clivages. Transversal car le cluster ne doit pas se limiter à une certaine catégorie d’entreprises. Formation car il faut des salariés qualifiés.
Il faudra profiter des PIC (Plan d’investissement dans les compétences) et PIA (Programme d’investissements d’avenir). Nous avons les ingrédients, les compétences et les leviers pour progresser, pour que ce cluster robotique s’étende. »

Alix Berthier

Publié par Alix Berthier le 09 avril 2018 dans www.infos-dijon.com


Pour en savoir plus :

- Rencontre du cluster Innov’Health avec le cluster Nogentech le 27 octobre 2016 à Nogent 52800
- Christophe Juppin valorise et développe l’écosystème innovant de Haute-Marne
- 100% connecté en Haute-Marne
- Start-up made in Haute-Marne
- Le Pôle techno grandit bien
- Matinale technologique n°16 : La robotique du futur : Robotique collaborative et Robotique mobile le 18 octobre 2017 à Nogent.
- Robotisons nos usines pour sauver notre industrie
- David Biguet : « Il n’y a pas une, mais des industries du futur »
- La positive attitude des Forums des Solutions à Aignay-le-Duc le 23 mars 2018.
- Ce qu’il faut retenir du rapport de Cédric Villani sur l’intelligence artificielle du 28 mars 2018
- Un cluster dans la robotique « pour se tourner vers l’avenir » en Bourgogne-Franche-Comte en avril 2018

 

Emmanuel Viellard Directeur général de Lisi en mai 2017 : « Il n’y a pas de fatalité : on peut être compétitif en France » Dans notre programme Forges 2020, nous aurons une forge en titane compétitive

, par christophe Juppin

Le patron du spécialiste des fixations et des systèmes d’assemblage explicite la stratégie qui lui permet d’afficher croissance et rentabilité.

Votre croissance a accéléré au premier trimestre mais vous restez prudent pour le reste de l’année, pourquoi ?

Notre performance du premier trimestre est soutenue, avec une hausse des facturations de 14,5 %, en données publiées, et de 9,9 %, en organique. Elle provient de toutes nos divisions. Mais il ne faut pas tirer des droites pour prévoir notre chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année : nous ne réaliserons pas une croissance de 15 % sur l’exercice ! Et je préfère que l’on s’inscrive sur un rythme de progression moins élevé mais régulier, plutôt que par à-coups. C’est mieux aussi pour les actionnaires, des résultats réguliers sont une assurance de gagner dans la durée.

Quels sont vos objectifs de long terme ?

Notre croissance interne a atteint 4,6 % l’an dernier, ce qui correspond au rythme organique que nous générons sur une période de long terme, retraitée des cycles aéronautiques. Notre feuille de route doit aussi respecter un free cash-flow positif et une marge courante opérationnelle supérieure à 10 %, niveau où nous étions l’an dernier. Les performances de 2016 se sont donc parfaitement inscrites dans la tendance de long terme. Il faut, en outre, considérer le fait que nous enregistrons en compte de résultat tous les coûts de développement et les surcoûts liés à la montée en cadence des nouveaux programmes (stocks supplémentaires et autres). Nous n’activons pas de charges de R & D à notre bilan, contrairement à certains concurrents, ce qui leur permet, conformément aux règles IFRS, de les amortir sur plusieurs années. Nous appliquons les méthodes comptables les plus prudentes possibles qui suivent le cycle des produits avec une rentabilité progressive

Dans l’aéronautique, qui représente les deux tiers de vos activités, ne subissez-vous pas les effets des baisses de cadences de certains programmes d’Airbus ou de Boeing ?

Nos activités sont diversifiées, réparties entre plusieurs marchés et sans dépendance à un programme particulier, même si, évidemment, l’A350 et le moteur Leap sont importants pour nous. Mais notre croissance traduit bien le fait que même si les cadences de certains programmes commerciaux baissent, la montée d’autres compense. Le vrai sujet pour nous est la baisse prévue l’an prochain de la production du moteur CFM56 de Safran et GE. Mais nous sommes confiants car elle devrait être compensée par l’accélération de la production du successeur, le Leap. En outre, notre contenu en valeur sur ce dernier est nettement supérieur à ce qu’il est sur le CFM56.

Dans quelle mesure êtes-vous touché par les difficultés dans les hélicoptères ou les retards dans l’aviation d’affaires ? Par ailleurs, êtes-vous exposé à l’A400M ?

La baisse a déjà eu lieu en grande partie dans les hélicoptères en 2015 et 2016 et nous tablons plutôt sur une stabilisation à des niveaux d’activité bas. Dans les jets d’affaires et l’aviation régionale, nous attendons toujours des signes de reprise. L’aéronautique militaire représente environ 10 % du chiffre d’affaires total de la division. Nous sommes présents sur l’A400M mais le Rafale est plus important pour nous. Nous investissons d’ailleurs actuellement pour suivre la hausse de production du M88, le moteur du Rafale fabriqué par Safran. Nos équipements sur cet appareil représentent environ 750.000 €, mais ce sont les activités de rechange qui comptent plus pour nous que la première monte.

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Emmanuel Viellard, Directeur général de Lisi - Crédits photo : Patrick Lazic -
dans https://investir.lesechos.fr

Quels sont les prochains programmes qui compteront pour Lisi ? Vous préparez-vous déjà pour les prochains monocouloirs d’Airbus et de Boeing ?

Nous avons actuellement des produits en cours de qualification pour le B777X, dont l’entrée en service est prévue à la fin de la décennie, et pour l’A330neo, qui devrait, lui, entrer en service à la fin 2017. Nous sommes aussi présents sur le nouveau CSeries de Bombardier et sur le C919 du chinois Comac. On devrait toutefois observer à court terme une certaine accalmie en matière de lancements. Pour les prochains monocouloirs d’Airbus et de Boeing, nous y serons certainement associés mais ce n’est pas encore une réalité pour nous.

Vous avez indiqué avoir souffert de surcoûts au premier trimestre. Quels risques représentent-ils pour la rentabilité ?

Il existe deux types de surcoûts. Il y a ceux que nous avions connus dans l’automobile il y a quelques années lorsque nous avions dû aller au-delà de nos capacités, avec la mise en place de moyens logistiques exceptionnels pour les livraisons, par exemple. Tout est rentré dans l’ordre depuis et nous sommes aujourd’hui satisfaits de nos performances dans cette division. Ensuite, il y a les surcoûts, comme ceux que nous rencontrons actuellement dans l’aéronautique, qui sont liés à l’arrivée de produits nouveaux : il s’agit de mettre en place de nouvelles lignes de fabrication et de former le personnel. A Marmande (Lot-et-Garonne), par exemple, ce sont 100 personnes qui sont en formation actuellement. Un ramp-up induit des coûts supplémentaires, mais qui sont prévisibles et temporaires.

Vos activités automobiles se portent bien également. Comment vous positionnez-vous dans ce domaine qui pèse environ 30 % de vos facturations ?

Nous déroulons notre plan. Nous disposons d’une marge de progression des résultats grâce à une vraie spécialité dans les systèmes de freinages et de sécurité, dans les tiges de guidage ou les bandes de torsion, par exemple. Or, ce sont des domaines de croissance. De généraliste, nous sommes devenus multispécialistes en clips ou en visserie d’applications. Dans l’automobile, notre objectif de rentabilité est un taux de marge opérationnel de 7 %, ce dont nous ne sommes plus très loin. Nous sommes présents auprès des constructeurs européens, français et allemands notamment, c’est historique, mais nous sommes aussi équipementier d’équipementiers comme TRW, TI Group ou encore Autoliv qui sont parfois de la taille des constructeurs. Notre mission est de simplifier l’assemblage à nos clients grâce à notre capacité à livrer en temps et en heure, avec zéro défaut, des produits de plus en plus sophistiqués.

Quelles sont les synergies entre les activités du médical et les autres ? Quelle est la différence avec les activités cosmétiques cédées en 2011 ?

Dans le médical, nous travaillons les mêmes matières avec les mêmes processus que dans l’aéronautique ou l’automobile : du titane forgé, par exemple. Il existe ainsi de vraies fixations dans le médical comme les vis polyaxiales pour le rachis. Dans les cosmétiques, nous avions un problème de taille que nous n’avons pu résoudre. Dans le médical, avec l’acquisition de Remmele aux Etats-Unis, nous pesons 150 millions d’euros de chiffre d’affaires et sommes numéro quatre mondial. Nous nous approchons de la taille critique. En outre, la problématique du marché était différente, les nouveaux produits étaient nombreux mais beaucoup étaient mort-nés ou avec des durées de vie très courtes.

Comment voyez-vous évoluer votre structure industrielle ?

Nous disposons de capacités en Pologne, en Turquie ou en Inde et environ 15 % de nos effectifs sont situés en zones best cost. Mais nous sommes très présents en France et devons être compétitifs. Nous avons lancé un grand plan de robotisation sur nos sites en 2016, qui s’étalera sur 2017 et 2018. Nous travaillons sur l’usine du futur, connectée, robotisée et permettant d’améliorer les conditions de travail. Nous avons également une usine dédiée à l’impression 3D (en titane, en Inconel, ou avec une base nickel par exemple). Nous avons fait beaucoup d’efforts dans les fixations et les composants d’assemblage pour présenter de nouvelles générations de pièces compétitives. Dans notre programme Forges 2020, nous aurons une forge en titane compétitive, ( Chaumont en Haute-Marne ).

Il n’y a pas de fatalité : on peut être compétitif en France ! Nous avons déjà réalisé par le passé plusieurs grandes campagnes de modernisation de notre parc industriel. On peut le voir sur notre site automobile de Delle (Territoire-de-Belfort), à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) dans l’aéronautique ou à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) où les trois tranches, la partie historique du site, celle des années 2000 et, enfin, la partie ouverte en 2016, sont visibles.

La voiture plus électrique et plus plastique ou les avions plus composites représentent-ils un risque pour vos produits qui sont pour l’essentiel réalisés en métal ?

Dans l’aéronautique, les nouveaux appareils sont en fait des mix composites-métaux. Nous avons adapté notre offre à cette problématique et même si les pièces composites sont de plus grande taille, la question de l’assemblage reste stratégique nécessitant des composants plus complexes encore. De même, dans l’automobile, nous avons une offre adaptée à des véhicules qui intègrent plus de parties en plastique. Quant au véhicule électrique, la transformation se fait au niveau du moteur, où notre exposition est faible. Nous sommes, en revanche, très présents sur la visserie d’applications, notamment auprès des constructeurs allemands. La hausse de la demande et la complexification en la matière nous sont plutôt favorables.

La marge dans l’automobile reste inférieure à celle de l’aéronautique. Pour quelle raison ?

On ne peut pas comparer la rentabilité de ces deux divisions. La logique de production est différente : dans l’automobile, il s’agit de séries d’un million de pièces par an pour quelques références quand, dans l’aéronautique, nous livrons quelques centaines de pièces sur des centaines de milliers de références. La complexité des pièces n’est pas, non plus, la même, avec une standardisation poussée des pièces dans l’automobile. En outre, l’aéronautique nécessite d’importants investissements initiaux qu’il faut bien financer. Nous investissons 120 millions d’euros en nouveaux équipements et des dizaines de millions d’euros en R & D chaque année, dont une grande part dans l’aéronautique. C’est aussi pour cette raison que nous nous renforçons dans les composants les plus complexes, porteurs de valeur ajoutée, dans l’automobile aussi.

Après plusieurs années de forte croissance, doit-on s’attendre à une baisse dans l’aéronautique ou bien les cycles n’existent plus ?

Déjà en 2007, on nous avait expliqué que le cycle aéronautique n’existait plus. Aujourd’hui, après une longue phase de croissance de la production, on devrait voir un plateau se dessiner à un niveau élevé, pour les cinq prochaines années. Pour notre part, nous sommes exposés aux grands avionneurs, notamment les commerciaux, dont les carnets sont pleins, mais aussi aux grands motoristes, donc nous devrions profiter de la livraison de ces carnets. Après, je ne sais pas. Mais il existe des cycles aéronautiques et nous devons en tenir compte.

Pensez-vous que la consolidation dans le secteur aéronautique va se poursuivre ?

C’est le sens de l’histoire que le marché continue à se consolider, en particulier au niveau des PME et des entreprises de taille intermédiaire. Mais, en ce qui nous concerne, notre stratégie est d’abord centrée sur la croissance interne, et les acquisitions viennent quand il est nécessaire de conforter une position. Mais il faut se rappeler la règle de base quand il s’agit d’acquisitions, elles détruisent de la valeur à court terme dans 70 % des cas. Il faut donc avoir une approche de la croissance externe qui soit assurée et prudente. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas en faire, mais nous devons maintenir un certain équilibre entre la croissance interne et la croissance externe.

Qu’attendez-vous du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) de Paris-Le Bourget du 19 au 25 juin 2017 ?

Ce sera un Salon du Bourget certainement encore très actif et dynamique en année 2017. C’est un moment important pour notre image, nous y montrons notre savoir-faire.

Propos recueillis par Delphine Tillaux, publié le 19 mai 2017 dans lesechos.fr


Suite à une fusion avec MANOIR INDUSTRIES (SIREN 403 735 681) LES FORGES DE BOLOGNE (845 420 280, immatriculés le 23-11-1954) changent de dénomination le 12 juillet 2018 pour s’appeler LISI AEROSPACE FORGED INTEGRATED avec un nouveau capital de 3 773 805 €
39 RTE DES FORGES 52310 BOLOGNE
SIRET 845 420 280 00016 (SIRET inchangé)

Pour en savoir plus :


Pour en savoir plus :

- Les Forges de Bologne, plus gros employeur de Haute-Marne, déménage à Chaumont en 2020
- Le déménagement nécessaire des forges de Bologne à Chaumont en 2020.
- Emmanuel Viellard Directeur général de Lisi en mai 2017 : « Il n’y a pas de fatalité : on peut être compétitif en France »

 

La positive attitude des Forums des Solutions à Aignay-le-Duc le 23 mars 2018.

, par Jean-Christophe Tardivon

Comment innover dans les zones rurales ? Il y avait du beau monde dans la salle polyvalente d’Aignay-le-Duc en Côte d’Or pour débattre de cette problématique : notamment les élus Yolaine de Courson, Marc Frot et Fabien Bazin ainsi que Philippe Bertrand, l’animateur de France Inter. Ce Forum des Solutions proposé par la Fabrique du millénaire a rassemblé 50 personnes vendredi 23 mars 2018.


Le désarroi des zones rurales est sensible. Nombreux sont celles et ceux qui se sentent oubliés des centres de la vie sociale et économique. Pourtant des initiatives surgissent dans tel ou tel territoire de Bourgogne-Franche-Comté pour contribuer à dynamiser un bourg délaissé, une ville moyenne ou encore une zone agricole.

« Innovations techniques et innovations sociales » tel était le thème du second Forum des solutions de la Fabrique du millénaire qui a eu lieu ce vendredi 23 mars 2018 dans la salle polyvalente d’Aignay-le-Duc en Côte d’Or devant 50 personnes.

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50 personnes dans la salle polyvalente d’Aignay-le-Duc. Photo Jean-Christophe Tardivon -www.infos-dijon.com.

Cinq témoins sont venus parler des initiatives positives auxquelles ils ont pris part sur leur territoire respectif. Philippe Bertrand, l’animateur radio bien connu de France-Inter pour ses « Carnet de campagnes », a joué le rôle de Monsieur Loyal.

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Philippe Bertrand, l’animateur radio de France-Inter. Photo Jean-Christophe Tardivon - www.infos-dijon.com.

« Mettre en avant le french savoir-faire »

Le premier témoignage fut celui de Yolaine de Courson (députée LREM de la quatrième circonscription de la Côte-d’Or) à propos de la « Maison de l’audace » créée à Montbard en janvier 2018. suite sur www.infos-dijon.com

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Christophe Juppin et Yolaine de Courson. Photo Jean-Christophe Tardivon - www.infos-dijon.com.

À Nogent, les acteurs de la santé se fédèrent

Deuxième témoin, Christophe Juppin (chargé de développement de la CCI de la Haute-Marne) a, lui aussi, souhaité sortir des sentiers battus en parlant de la HealthTech (les technologies de la santé). Car, s’il existe des labels nationaux pour les métropoles FrenchTech, il existe aussi des réseaux thématiques, avec le soutien de BPI France (la banque publique d’investissement), pour les territoires qui ne sont pas des métropoles. Dans la Haute-Marne, la ville de Nogent (4.000 habitants) est connue pour ses coutelleries et ses entreprises du secteur de la santé.

Un tiers des prothèses de hanche et de genou, qui sont posé dans le monde, est conçu dans les environs de Nogent. Pour faciliter les échanges entre les différentes sociétés, un cluster d’entreprises a été créé dans les années 2000. Pour Christophe Juppin, « le capital existe partout, il faut savoir le comprendre et surfer dessus pour créer une dynamique ». Les voies de communication étant essentielles, la proximité de l’autoroute a été un atout. Mais une autoroute ne fait pas tout : les représentants étrangers des entreprises installées localement veulent pouvoir faire l’aller-retour dans la journée ; ils vont donc privilégier les déplacements en avion. Selon le représentant de la CCI, il n’y a pas de problème d’embauche en Sud Haute-Marne, les critères de recrutement sont « se lever le matin et être à l’heure ». Les acteurs locaux se chargeant de la formation. De ce fait, le taux de chômage de la zone Chaumont-Nogent-Langres était de 6,6 % , contre 12% dans l’Aube, au second trimestre 2017 selon la DIRECCTE Grand Est.

A contrario, si les entrepreneurs du secteur de la santé ont su s’entendre pour faire converger leurs intérêts dans les années 2000, les acteurs de la coutellerie de Nogent n’ont pas su, eux, se fédérer dans les années 1990.

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Christophe Juppin (chargé de développement de la CCI de la Haute-Marne) a témoigné sur le cluster Nogentech, membre du réseau thématique Health Tech. Photo Jean-Christophe Tardivon - www.infos-dijon.com.

« Clipper la modernité sur les traditions »

Fabien Bazin (maire PS de Lormes et conseiller départemental de la Nièvre) est connu pour avoir inventé la notion de « bouclier rural ». suite sur www.infos-dijon.com

Le chanvre en Bourgogne-Franche-Comté, « énorme marché potentiel »

Les deux derniers témoignages d’une soirée riche en attitudes positives furent ceux d’entrepreneurs. Dominique Bernard (gérant du domaine viticole du Muid montsaugeonnais dans la Haute-Marne) a expliqué comment avait eu lieu la renaissance du vignoble haut-marnais à partir de 1989. Aujourd’hui, le domaine fait 13 hectares, emploie 4 personnes et produit les bonnes années 100.000 bouteilles en Indication Géographie Protégée Haute-Marne. Il a clairement invité les acteurs publics a soutenir les productions locales par une politique d’achats spécifiques.

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Dominique Bernard (gérant du domaine viticole du Muid montsaugeonnais dans la Haute-Marne) - Photo Jean-Christophe Tardivon - www.infos-dijon.com.

Frédéric Roure (président de la société Géochanvre) était, lui, venu spécialement de Lézinnes (Yonne) pour détailler le parcours l’ayant mené à la création d’une startup de géotextiles biodégradables en mai 2016. suite sur www.infos-dijon.com

Internet par fibre optique à Aignay-le-Duc en 2019

La conclusion de ces témoignages revint à Marc Frot (conseiller départemental de la Côte-d’Or) qui, en matière d’attractivité des territoires, a évoqué la question de l’accès à Internet à très haut débit . suite sur www.infos-dijon.com

En 2019, un parc national des Forêts de Champagne et de Bourgogne

Pour sa part, Marion Delforge (chargée de mission du Groupement d’Intérêt Public du Parc National des Forêts de Champagne et de Bourgogne) a fait un point d’étape sur le projet de parc national. suite sur www.infos-dijon.com

L’avenir de la ruralité en question

Co-président de la Fabrique du millénaire, Philippe Bertrand a expliqué la démarche à Infos-Dijon. suite sur www.infos-dijon.com

Dans une ambiance conviviale, la soirée s’est terminée par une dégustation de produits locaux parmi lesquels des vins de Haute-Marne, des jus de fruits de Châtillon-sur-Seine ou encore un époisses artisanal. En somme, la gustative attitude de la ruralité.

Jean-Christophe Tardivon


photos : Jean-Christophe Tardivon

Publié par Jean-Christophe Tardivon le 26 mars 2018 dans www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/.


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la salle Charles Roidot, salle polyvalente d’Aignay-le-Duc en Côte d’Or. Photo CJ

Pour en savoir plus :

- Rencontre du cluster Innov’Health avec le cluster Nogentech le 27 octobre 2016 à Nogent 52800
- Christophe Juppin valorise et développe l’écosystème innovant de Haute-Marne
- 100% connecté en Haute-Marne
- Start-up made in Haute-Marne
- Le Pôle techno grandit bien
- La positive attitude des Forums des Solutions à Aignay-le-Duc le 23 mars 2018.
- Un cluster dans la robotique « pour se tourner vers l’avenir » en Bourgogne-Franche-Comte en avril 2018


 

La relation franco-allemande au coeur des politiques régionales le 22 janvier 2018

, par christophe Juppin

Jean Rottner, Président de la Région Grand Est a participé, le 22 janvier 2018, à la journée franco-allemande à Berlin dédiée à la formation et à la mobilité européenne des jeunes dans le cadre du 55ème anniversaire du Traité de l’Elysée.

Cette journée a été l’occasion de rappeler l’importance de l’engagement de la Région Grand Est en faveur de la formation et de la mobilité des jeunes, au service de leur insertion sur le marché du travail, et plus spécifiquement l’action volontariste que développe la collectivité régionale en matière d’apprentissage transfrontalier.

Avec près de 38 000 apprentis répartis dans 104 CFA et 1 900 formations, la Région Grand Est est la 3ème de France qui compte le plus d’apprentis sur son territoire. En 2018, le budget de la Région consacré à l’apprentissage s’élève à 161 M€. Il s’agit, pour la Région Grand Est, de promouvoir l’apprentissage en tant que voie d’excellence vers la qualification et l’emploi, de faciliter les mixages de parcours, de favoriser l’accès à l’apprentissage pour les jeunes les plus éloignés de la formation ou encore de développer l’apprentissage transfrontalier.

La dimension transfrontalière est au cœur du dynamisme du territoire. La Région a, ainsi, mis en place plusieurs accords dans le cadre du développement de l’apprentissage transfrontalier afin de répondre aux besoins des entreprises frontalières et à la demande des jeunes voulant se former en Allemagne. Par ailleurs, l’aide à la mobilité mise en place par la Région dans le cadre du projet INTERREG V « Réussir sans frontière » dans le Rhin Supérieur a été étendue à l’ensemble des apprentis transfrontaliers en entreprises allemandes, par le biais des fonds dont dispose l’Office Franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ).

Depuis 2011, 346 jeunes ont réalisé un apprentissage transfrontalier avec 186 entreprises partenaires dont 67 à la rentrée 2017.

Cette journée a été l’occasion pour Jean Rottner de rencontrer plusieurs acteurs de premier plan de la mobilité européenne et de réaffirmer, auprès des autorités nationales et européennes présentes, un message fort sur la volonté du Grand Est de continuer à porter cette dynamique et de contribuer activement aux initiatives qui pourront faciliter la mobilité européenne des apprentis. Et au-delà, l’emploi transfrontalier qui est au cœur de l’ambition régionale, il s’agit de promouvoir une approche globale qui se décline autour des questions de formation professionnelle, d’apprentissage, de développement du multilinguisme et de facilitation de la mobilité des lycéens, des apprentis et des étudiants.

Publié le 23 janvier 2018 dans www.grandest.fr/actualites

Pour en savoir plus :

- In Frankreich : Nogent Spitze auf die Lehrlingsausbildung
- La Haute-Marne, partenariat gagnant avec l’Allemagne le 30 septembre 2017.
- 18 février 2016, coopération avec le Land de Sarre en Allemagne
- Convergences franco-allemandes : Madame Annegret Kramp-Karrenbauer à Nogent
- Deutsch-Französisches Forum Berufsbildung
- Forum franco-allemand sur l’apprentissage à Nogent (52) le 30 septembre 2017

 

Renfortech, leader européen du renfort de coffre en bois Avec sa cinquantaine de salariés, la PME de Chamouilley est un des fleurons de la filière automobile haut-marnaise

, par Dominique PIOT

Installée à Chamouilley, la société Renfortech est un équipementier spécialisé dans la conception et la fabrication de pièces de renfort automobiles. Organisée en 3x8, elle emploie 48 salariés ainsi qu’une dizaine d’intérimaires. Elle s’est forgé une solide réputation dans le travail des matériaux d’origine naturelle (bois et biomatériaux).

L’histoire retient que tout démarre en 1992 avec la fabrication des panneaux de porte de la Citroën Xantia par Isorel. 1992 ! De l’histoire ancienne ! Jadis dénommée Isoroy Transformation, Renfortech est alors filiale d’un groupe spécialisé dans la fabrication de panneaux de bois. Progressivement, Renfortech va mettre à profit son savoir-faire du travail du bois pour l’appliquer aux exigences techniques des pièces de renfort automobiles. Depuis 2003, Renfortech investit régulièrement dans son outil de travail (presses, centre d’usinage à commande numérique…).

En septembre 2006, Renfortech devient une entreprise indépendante, détenue par un actionnariat familial et managérial. Passionné par son métier, l’emblématique Pascal Guigues en est le directeur général.

Renfortech produit aujourd’hui chaque année la bagatelle de 2 millions de “couvercles” de roues de secours principalement pour Peugeot, Ford, Nissan, Dacia, Renault … On évalue sa part de marché à 2 % de la production mondiale.

L’entreprise haut-marnaise produit aussi des garnitures pour les véhicules utilitaires – un bon tiers du chiffre d’affaires – qui représentent elles 15 % du marché européen. Pas mal pour la discrète PME de Chamouilley…

L’entreprise développe un chiffre d’affaires de près de 10 millions d’euros dont 25 % à l’export (Pologne et Espagne notamment). Renfortech transforme quelque 11 000 m³ de panneaux de bois par an. L’univers impitoyable de l’industrie automobile étant ce qu’il est, Renfortech subit comme les autres une intense pression sur les prix. Seul avantage : la vision à long terme qu’autorise un marché lorsqu’il est acquis. Pour en décrocher encore demain, Renfortech s’est engagée dans une quête des certifications qui sont autant de Sésame dans ce secteur industriel. La recherche de la productivité y est une obsession. Cela passe aussi par des investissements réguliers. En 2014, ils ont atteint un million d’euros.

 

Création de l’Agence Régionale de l’Innovation – Grand E-nov

, par christophe Juppin

Créée en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Grand Est, l’Agence Régionale de l’innovation « Grand E- nov » se déploiera sur le territoire au cours du 1er trimestre 2018.

Au coté des structures existantes en matière de Recherche, de Développement et d’Innovation, l’Agence répondra aux besoins d’accompagnement des entreprises en matière de développement et de management de l’innovation en cohérence avec le Schéma Régional de Développement Économique, d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII).

Quatre missions principales lui sont allouées :

- Ingénierie de projets d’innovation → Détection et développement de projets innovants
- Accélération pour start-up en post incubation et accompagnement à la levée de fonds → Expertise et soutien en vue de levée de fonds
- Financement des solutions d’innovation → Recherche de financement national et européen
- Accompagnement des projets territoriaux d’innovation → portés notamment par les métropoles et grandes agglomérations

Son déploiement géographique sur 6 sites (Troyes, Reims-Bezannes, Nancy, Metz, Strasbourg et Mulhouse) permettra d’être au plus près des entreprises et des acteurs locaux. Proximité et partenariat sont le gage d’une mise en réseau efficace.

Publié le 26 janvier 2018 dans www.grandest.fr/actualites


Pour en savoir plus :

- David Biguet : « Il n’y a pas une, mais des industries du futur »
- Le contexte économique Grand Est est favorable au deuxième trimestre 2017
- Création de l’Agence Régionale de l’Innovation – Grand E-nov
- La Région Grand Est et la CCI de région Grand Est signent une convention cadre de partenariat le 15 février 2018
Interview de Étienne Leroi : Président Grand E-Nov Membre titulaire de la CCI Grand - Est - Directeur Général de NSC Schlumberger
- Booster l’innovation en Grand Est le 26 juin 2018 à Metz


 

A Bure, l’Andra perfectionne son projet de stockage des déchets nucléaires dans son laboratoire grandeur nature

, par christophe Juppin

Alors que Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat à la transition Écologique a annoncé le mois dernier un débat public national sur la gestion des déchets nucléaires qui abordera « toutes les alternatives, sans privilégier l’option de l’enfouissement en profondeur » et que la justice a condamné des opposants au projet, le Laboratoire souterrain de l’Andra à Bure (Meuse) poursuit ses expérimentations dans la perspective du démarrage des travaux de construction du site de stockage Cigéo à l’horizon 2023.
Visite des lieux.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) devrait déposer courant 2019 sa demande d’autorisation de création d’un site de stockage de déchets nucléaires à Bure (Meuse), aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne. Le projet baptisé Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) prévoit d’entreposer 500 mètres sous terre les résidus les plus dangereux issus du parc français.

Ces colis à haute activité (HA) et moyenne activité à vie longue (MA-VL) ne représentent que 3,2% des volumes produits par EDF, le CEA et Orano (ex. Areva), mais concentrent 99% de la radioactivité. Ils sont actuellement entreposés à l’usine de retraitement de La Hague (Manche). En France, l’essentiel du volume des déchets (peu radioactif) est stocké dans l’Aube sur deux centres voisins à Soulaines-Dhuys et de Morvilliers.

Dans l’attente des premiers coups de pioche de Cigéo vers 2023, l’Andra poursuit ses recherches dans son laboratoire souterrain également à Bure. Creusés à 500 mètres sous terre à partir de 2000, les galeries qui s’étirent sur 1,8 kilomètre n’ont pas vocation à accueillir des colis radioactifs.

« Ce laboratoire sert à acquérir des connaissances scientifiques via l’observation et la mesure in situ des propriétés des argiles âgées de 160 millions d’années. Il permet également de mettre au point des techniques d’ingénierie », livre Sarah Dewonck.

L’adjointe au directeur du centre Meuse-Haute-Marne de l’Andra précise que le projet de stockage repose en grande partie sur les propriétés de la roche de 140 mètres d’épaisseur, car certains déchets resteront dangereux au-delà de 100.000 ans.

L’activité du laboratoire, autorisée jusqu’en 2030, se poursuivra parallèlement au démarrage de Cigéo. Le creusement de 400 mètres de galeries supplémentaires va d’ailleurs faire l’objet d’un nouvel appel d’offres. « Nous avons mis au point un concept pour le stockage des déchets à haute activité dans des alvéoles, mais nous comptons explorer d’autres alternatives, car au démarrage, Cigéo va essentiellement accueillir des MA-VL [déchets de moyenne activité à vie longue, ndlr ] », poursuit Sarah Dewonck.

Différentes expérimentations techniques

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Le laboratoire souterrain de l’Andra compte 1,8 kilomètre de galerie. La technique des voussoirs, utilisée dans le creusement de tunnels, est testée pour la résistance de l’ouvrage aux contraintes géologiques. © Philippe Bohlinger.

A 500 mètres sous terre, des alvéoles de 70 mètres de diamètre, perpendiculaires aux galeries, figurent les futurs stockages des déchets les plus dangereux (HA). Issus du broyage des barres de combustible, ces déchets sont enfermés dans une matrice vitreuse, elle-même conditionnée dans des colis en acier de 180 litres. La roche destinée à les accueillir est renforcée par des cylindres en acier.

« L’acier corrode plus rapidement qu’on ne l’imagine, c’est pourquoi nous testons actuellement le remplissage du vide entre la roche et le chemisage d’acier par du mortier  », livre Mathieu Saint-Louis, responsable communication à l’Andra.

Les galeries dédiées aux déchets les plus dangereux ont été creusées au brise-roche hydraulique et sont soutenues par des ceintures coulissantes accompagnant le mouvement de la couche argileuse dont la fracturation naturelle est d’environ 1 millimètre par an, évalue l’Andra.

Les colis de déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) seront conditionnés différemment. Ils seront disposés par quatre dans des conteneurs en béton stockés via des ponts roulants dans d’impressionnantes galeries de 9 mètres de diamètre.

Pour limiter les contraintes géologiques horizontales (poussée des Alpes) et verticale (masse des terrains), l’Andra teste la technique des voussoirs, habituellement employée dans le creusement de tunnels. Des éléments en béton préfabriqués de 30 à 40 cm d’épaisseur viennent tapisser la paroi au fur et à mesure de l’avancée d’un tunnelier. « Il s’agit d’un challenge technique, car les voussoirs ont dû être descendus deux par deux, tandis que le tunnelier a été découpés en 150 sous-ensembles », poursuit le chargé de communication.

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L’Andra travaille sur l’amélioration de la structure des alvéoles destinées à accueillir les déchets à haute activité. © Philippe Bohlinger.

Les recherches portent également sur le scellement des galeries et des alvéoles. Ces opérations ne devraient intervenir qu’à l’issue de la période d’exploitation du site et au-delà d’une période de réversibilité de 100 ans. L’option retenue à ce stade est l’utilisation de bentonite, une argile gonflante, dont le volume augmente naturellement au contact de l’eau. L’Andra expérimente actuellement ce procédé via un dispositif technique accélérant l’apport d’eau qui se fera, dans les faits, sur des milliers d’années.

Chaque jour, les différentes expérimentations en cours font remonter en surface un million de données captées par 10.000 points de mesure. Le site de Bure emploie 350 personnes, dont 130 salariés de l’Andra.

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L’Andra exploite une banque d’échantillons environnementaux prélevés dans une zone de 200 hectares autour du site. © Philippe Bohlinger

Publié par Philippe Bohlinger le 04 avril 2018 dans www.tracesecritesnews.fr


Pour en savoir plus :

- CinéTech n°27 : Thorium, la face gâchée du nucléaire le 01 mars 2017 à Nogent
- Lecornu : « Moins mauvaise solution » à Bure-Saudron le 29 janvier 2018
- A Bure, l’Andra perfectionne son projet de stockage des déchets nucléaires dans son laboratoire grandeur nature

 

A Nancy, Econick produit des métaux bio-sourcés grâce à des plantes dépolluantes

, par christophe Juppin

Exemple d’économie circulaire, la start-up Econick extrait des sols pollués ou naturellement riches en métaux, des sels métalliques comme le nickel.
Les cristalleries Daum à Nancy testent d’ores et déjà depuis un an les oxydes de nickel pour la teinte « vert-gris » de leurs produits.
Un des principaux freins pour la start-up issue de recherches universitaires, est d’ordre règlementaire.


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L’Alyssum murale (à gauche) est broyée, puis brûlée afin d’extraire de ses cendres le nickel par cristallisation. © Philippe Bohlinger.

La plante Alyssum murale, plus connue sous le nom d’Alysson des murs, et de la famille des Brassicacées (comme la moutarde) a la faculté de capter le nickel contenu dans des sols contaminés ou naturellement riches en métaux.

Fondée en août 2016 par sept chercheurs de l’Université de Lorraine, du CNRS et de l’INRA, Econick à Nancy extrait des sels métalliques de haute pureté des tiges et des feuilles de cette variété dite “hyperaccumulatrice” et les commercialise auprès de clients industriels. La jeune pousse ne compte pas s’arrêter là. Elle planche d’ores et déjà sur l’extraction d’autres métaux comme le cobalt ou encore le zinc.

Le point de départ de cette aventure scientifique et économique se trouve en Albanie. Depuis les années 90, le Laboratoire sols et environnement (Université de Lorraine - INRA) y perfectionne l’extraction du nickel dans des terres infertiles, car naturellement trop riches en métaux.

La production des premiers grammes de sels métalliques bio-sourcés à partir de cette technique basée sur la phytoextraction à convaincu les chercheurs de passer à l’échelle industrielle. Lancé en 2013, leur projet, soutenu par la SATT Grand-Est et l’Incubateur lorrain, a jeté les bases d’un nouveau mode d’extraction minière écoresponsable, l’agromine.

Les plantes sont actuellement cultivées sur 2 hectares de terre en Albanie, en partenariat avec l’Université de Tirana. Elles sont récoltées avant que les premières feuilles ne tombent, broyées puis brûlées en Lorraine dans une chaudière de 20 kilowattheures. Les cendres ainsi obtenues affichent des concentrations de 15 à 20% en nickel ! Elles sont mises en solution, afin de récupérer le précieux métal par cristallisation.

« L’agromine combine des savoir-faire en agronomie et en génie des procédés. D’un côté, il s’agit de choisir les bonnes variétés de plantes, ainsi que les terrains offrant une concentration optimale en éléments métalliques ciblés. De l’autre, d’extraire les sels métalliques en employant un procédé le plus écologique possible, en limitant notamment l’emploi de solvants chimiques » pointe Kévin Siebert, le directeur du développement.

Parallèlement, le procédé permet la production d’énergie par combustion de la biomasse, tout en améliorant la fertilité de terres agricoles.

Des obstacles règlementaires

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Les cendres sont diluées dans une solution pour en extraire, par cristallisation, les sels métalliques de haute pureté. © Philippe Bohlinger.

Il pourrait aussi intéresser les secteurs du luxe, de la cosmétique et de l’électronique, car il s’inscrit dans le cercle vertueux de l’économie circulaire.

A l’instar de boues rouges envoyées par un industriel, certaines sociétés confient leurs déchets à Econick. Afin de tester le potentiel de ces déchets, la start-up exploite 200 m² de parcelle expérimentale à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) en partenariat avec le Gisfi (Groupement d’intérêt scientifique sur les friches industrielles).

Econick souhaite proposer ses produits et services à des partenaires industriels ou clients désireux de s’orienter vers des modes approvisionnement plus écoresponsables.

Les cristalleries Daum à Nancy testent d’ores et déjà depuis un an les oxydes de nickel fabriqués par Econick pour la teinte « vert-gris » de leurs produits. « Nous cherchons actuellement à améliorer la robustesse de nos procédés, afin d’être en mesure de fournir à Daum une qualité constante », détaille Kévin Siebert. La célèbre manufacture s’intéresse au procédé pour extraire des métaux comme le cobalt ou le zinc sur son ancien crassier.

Un des principaux freins pour la start-up, qui associe à son capital ses sept fondateurs à un actionnaire privé, est aujourd’hui d’ordre règlementaire. Selon que les plantes sont considérées comme de la biomasse ou un déchet, les opérations de transport ou de combustion ne s’inscrivent pas dans le même cadre…

...Pour financer les études démontrant le caractère inoffensif de sa matière première, Econick a choisi de s’attaquer à des métaux plus rémunérateurs que le nickel.

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Kévin Siebert, directeur du développement d’Econick. © P. Bohlinger

Qui est Kévin Siebert ?

Ce Nancéien, diplômé d’Ecole d’ingénieurs en génie des matériaux (Université de Lorraine), puis de l’Ecole normale supérieure, aurait pu se satisfaire d’une carrière dans un grand groupe industriel.

Passé par Alstom, Schneider Electric puis Eiffage, il a choisi de rejoindre au printemps 2017 la start-up Econick comme directeur du développement.

« J’ai été séduit par l’ambition des sept chercheurs à l’origine du projet. Ils souhaitent révolutionner les modes d’extraction des métaux, en faisant le pari de l’éco-responsabilité. »



Publié par Philippe Bohlinger, le 21 décembre 2017
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Pour en savoir plus :

- Action Collective ADEME économie circulaire recyclage déchets titane le 16 novembre 2016
- A Nancy, Econick produit des métaux bio-sourcés grâce à des plantes dépolluantes

 

La chambre des députés a réinstallé le dispositif ZRR le 22 octobre 2017

, par christophe Juppin

L’article 27 de la loi de finances pour 2018 entrée en vigueur le 1er janvier 2018 prévoit que les communes sorties de la liste du classement en zone de revitalisation rurale le 1er juillet 2017 continuent de bénéficier des effets du dispositif pendant une période transitoire jusqu’au 30 juin 2020.

Le 12 octobre 2017, les députés ont adopté en Commission des finances, plusieurs amendements en faveur de la #ruralité à l’issue du vote de la première partie du Projet de Loi de Finances 2018.
Emilie Cariou et ses collègues "En Marche" ont proposé et fait voter l’augmentation de 25 M€ ainsi que la facilitation de l’accès au fond de Péréquation des Chambres de Commerce et d’industrie #CCI. Ils ont aussi augmenté leurs moyens lorsqu’elles sont situées en zone de revitalisation rurale.
Pour les indépendants, commerçants, agriculteurs ils ont proposé et fait voter l’alignement des prélèvements sur leurs plus-values professionnelles sur la logique du nouveau PFU et du taux de 30% tout en préservant les cas d’exonération, pour que les professionnels indépendants ne supportent pas une fiscalité plus lourde que les actionnaires.

Emilie Cariou et ses collègues "En Marche" ont proposé et fait voter la réintégration des communes qui avaient été exclues des #ZRR avec la réforme entrée en vigueur en 2017, pour faciliter l’installation de nouvelles entreprises en zone rurale, encourager le secteur associatif et lutter contre la désertification médicale.

Satisfaction le 19 octobre 2017 pour la ruralité sur ce travail budgétaire :
Jusqu’en 2019, les députés rétablissent les avantages en pour les communes sorties depuis le 1er juillet 2017 du dispositif zones de revitalisations rurales
Et ceci avec une belle unanimité dans l’Assemblée, pour cet amendement que Emilie Cariou portais avec ses collègues "En Marche".

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5020603_59e89ff7a67f1.2eme-seance--projet-de-loi-de-finances-pour-2018-1ere-partie-suite-19-octobre-2017

En plénière dans l’hémicycle, la chambre des députés a adopté dans la nuit de samedi 21 octobre 2017 à dimanche 22 octobre 2017 la première partie de la Loi de Finances 2018 :
Ce budget s’inscrit dans une logique de transformation profonde de notre économie comme l’a voulu le Président au cours de sa campagne. C’est un budget ambitieux qui protège les plus fragiles, rend de la valeur au travail, des marges de manœuvre aux entreprises, accompagne les transformations nécessaires de notre pays et offre un meilleur avenir aux générations futures.
1 - C’est un budget de relance de l’économie et qui encourage l’investissement productif.
2 - Un budget qui protège les classes moyennes et les plus démunis.
3 - Un budget qui tient compte des différences territoriales :
- Réinstallation du dispositif ZRR
- Dotations de soutien à l’investissement des collectivités territoriales
- Augmentation de 25 Millions d’euros et facilitation de l’accès au fond de Péréquation des Chambres de Commerce et d’industrie.

Par conséquent, les communes exclues en Meuse et en Haute-Marne ont été réintégré dans la liste des ZRR. Cette décision permet l’aménagement équilibré des territoires défini notamment lors de la tenue de la deuxième Conférence nationale des territoires en décembre 2017.
La députée considère que cette décision va permettre de favoriser le développement économique des communes, de garantir la qualité de vie de ses habitants
et constitue un atout supplémentaire favorisant l’attractivité .


Pour en savoir plus :

- Start-up made in Haute-Marne
- Pour une réforme équitable des zones de revitalisation rurale (ZRR)
- La chambre des députés a réinstallé le dispositif ZRR le 22 octobre 2017

 

Cristal, le bus électrique et modulable veut séduire les villes

, par christophe Juppin

Des minibus électriques accrochés les uns aux autres : le Cristal est présenté comme la navette du futur. Le véhicule 100% électrique, modulable et numérique a effectué le 19 juin 2017 son premier trajet. Il est mis en service dans le cadre du 12ème Congrès Européen sur les systèmes de transport intelligents (ITS) organisé par ERTICO. Un projet initié, labellisé et soutenu par le Pôle Véhicule du Futur. Après dix ans de recherche, le groupe Lohr est en discussion avec plusieurs villes.

Après presque dix ans de développement et un investissement en R&D de 10 millions d’euros, le groupe Lohr a présenté son véhicule Cristal, à l’occasion du 12e Congrès européen sur les systèmes de transport intelligents, qui s’est tenu à Strasbourg. 100 % électrique et silencieux, disposant d’une autonomie de 120 km sans recharge, Cristal est un véhicule aux dimensions comparables à une citadine (3,96 mètres de long et 1,83 mètre de large), qui ne présente pas d’innovation technologique particulière. C’est une rupture d’usage qui est mise en avant : avec Cristal, Lohr fait le pari de la bimodalité afin de maximiser son utilisation. Le véhicule a été pensé pour un usage à la fois par l’exploitant de transport public et le particulier. « Une desserte scolaire le matin jusqu’à 8 heures puis une redistribution des véhicules en libre-service », illustre le directeur nouvelles mobilités de Lohr, Jean-François Argence.

Concrètement, Cristal pourra être utilisé en libre-service depuis une station dédiée, avec information et réservation en temps réel via un smartphone. Dans cette configuration, le véhicule a une capacité de cinq personnes assises, conducteur titulaire du permis B compris. Dans le même temps, ce système de transport entend répondre aux besoins des exploitants pour l’acheminement de ses usagers sur les premier et dernier kilomètres. En mode navette, jusqu’à quatre véhicules pourront être attelés pour transporter 82 personnes au maximum. C’est un conducteur professionnel qui prendra alors le volant. Ce système a bénéficié d’un financement de 1,5 million d’euros du programme Investissements d’avenir.

Réglementation spécifique

Plusieurs villes françaises et allemandes ont manifesté leur intérêt pour cette solution de transport pour laquelle, bimodalité oblige, une réglementation spécifique devrait voir le jour d’ici à la fin de l’année 2017. Afin d’optimiser son utilisation, Lohr entend s’associer à des analyses des territoires où Cristal pourra circuler. Le véhicule sera commercialisé à un tarif de 90.000 euros hors location de batterie.

Un usage dédié aux sites privés est également en réflexion : en janvier 2018, Lohr devrait présenter au CES de Las Vegas une nouvelle version de Cristal, sans chauffeur cette fois. Leader mondial des véhicules de porte-voitures, Lohr totalise 2.000 collaborateurs et 7 usines réparties sur trois continents, et affiche un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros.

Correspondante à Strasbourg Hélène David


Publié par Hélène David, Correspondante Les Echos à Strasbourg, le 03 juillet 2017
© 2017 Les Echos


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Inauguration 19 juin 2017 - PMC Strasbourg, Congrès ITS

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/sans-chauffeur-ou-modulable-la-mobilite-electrique-de-demain_114138


Pour en savoir plus :

- Matinale technologique n°16 : La robotique du futur : Robotique collaborative et Robotique mobile le 18 octobre 2017 à Nogent.
- Robotisons nos usines pour sauver notre industrie
- Le Pôle techno grandit bien
- Cristal, le bus électrique et modulable veut séduire les villes
- Cinétech n°32 : « l’intelligence artificielle appliquée aux véhicules autonomes » le 11 avril 2018 Nogent (52)
- 2018, Cinetech : le programme continue.
- Ce qu’il faut retenir du rapport de Cédric Villani sur l’intelligence artificielle du 28 mars 2018

 

Le fondeur Ferry Capitain met en place un service de rétro-ingénierie

, par christophe Juppin

Le spécialiste Haut-Marnais de la fonderie et de l’usinage modernise ses méthodes et son outil de production, adapté au travail des grandes pièces. Il vient de mouler le corps d’un robinet colossal qui une fois assemblé pèsera plus de 140 tonnes.

Le fondeur Ferry Capitain ne veut pas plier face à la concurrence. Malgré une année 2017 difficile, à l’issue de laquelle l’entreprise parvient juste à l’équilibre, selon sa directrice générale, Marthe Prunier-Ferry, la société poursuit ses efforts de modernisation. En 2018, elle sera candidate à l’obtention du label Usine du futur, attribué aux entreprises ayant réussi leur entrée dans l’ère digitale. Pour Ferry Capitain, cette stratégie s’est, par exemple, traduite par la mise en place d’un service de rétro-ingénierie, proposant aux clients de reproduire grâce à un scanner 3D les pièces dont la production a cessé.

Le spécialiste marnais de la fonderie et de l’usinage modernise ses méthodes et son outil de production, adapté au travail des grandes pièces. Il vient de mouler le corps d’un robinet colossal qui une fois assemblé pèsera plus de 140 tonnes.

Le fondeur Ferry Capitain ne veut pas plier face à la concurrence. Malgré une année 2017 difficile, à l’issue de laquelle l’entreprise parvient juste à l’équilibre, selon sa directrice générale, Marthe Prunier-Ferry, la société poursuit ses efforts de modernisation. En 2018, elle sera candidate à l’obtention du label Usine du futur, attribué aux entreprises ayant réussi leur entrée dans l’ère digitale. Pour Ferry Capitain, cette stratégie s’est, par exemple, traduite par la mise en place d’un service de rétro-ingénierie, proposant aux clients de reproduire grâce à un scanner 3D les pièces dont la production a cessé.

Ferry Capitain se rapproche également des utilisateurs finaux de ses pièces, via des campagnes de mailing très ciblées, afin de se faire connaître et de peser sur les futurs cahiers des charges. «  Ce travail de prescription nous a récemment permis de faire valoir des spécificités techniques dans le cadre d’un gros projet énergétique en Russie, porté par un Américain. Nous sommes dans la short list  », se félicite Marthe Prunier-Ferry, ajoutant que 2,5 millions d’euros sont investis chaque année dans l’outil de production.

Haute technologie

Positionnés sur des niches de marché de très haute technologie, la PME conçoit et produit à partir de son site de Joinville, dans la Marne, des pièces de fonderie de très grande dimension destinées à l’industrie de l’énergie, des matériaux de construction ou de l’industrie minière.

En 2015, elle a fabriqué pour le compte de General Electric (GE) un rotor de plus de 7 mètres de diamètre, pesant plus de 40 tonnes, destiné à des éoliennes basées au large des côtes de Rhode Island. Ces derniers mois, elle a moulé le corps d’un robinet colossal, qui une fois assemblé pèsera plus de 140 tonnes. Mille heures d’usinage ont été nécessaires pour finaliser ce robinet, considéré comme le plus gros d’Europe. Au cours du premier trimestre 2018, celui-ci sera installé au sein de la centrale EDF de La Coche, en Savoie.

Exportant 75 % de sa production, Ferry Capitain emploie 370 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros. La société est une filiale du groupe familial Compagnie Industrielle et Financière (CIF) de Bussy, qui emploie 1.600 personnes dans l’Est, ainsi qu’en Allemagne.

Guillaume Roussange

Correspondant les echos à Amiens

Publié par Guillaume Roussange le 18 décembre 2017 dans www.lesechos.fr


Pour en savoir plus :

- Une école d’ingénieurs à la campagne : Article dans l’Usine Nouvelle du 26 novembre 2014.

 

Le contexte économique Grand Est est favorable au deuxième trimestre 2017 Le territoire du Sud Haute-Marne (Chaumont-Nogent-Langres) arrive en deuxième position du plus faible taux de chômage dans le Grand Est avec 6.6%.

, par christophe Juppin

Le contexte économique globalement favorable du début d’année 2017 se prolonge au deuxième trimestre 2017 dans le Grand Est. Le plus faible taux de chômage dans le Grand Est est toujours sur les territoires d’Alsace, du Sud Haute-Marne (Chaumont-Nogent-Langres) et d’Epernay.


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Portrait de territoire Grand Est - carte de la page 20 - Octobre 2017 - DIRECCTE Grand Est

Chômage dans le Grand Est : quelle zone d’emploi s’en sort le mieux ?

Les trois zones d’emploi où le chômage est le plus bas dans le Grand Est sont, dans l’ordre, l’Alsace avec Wissembourg (5,5%) - Molsheim-Obernai (6,2%), le Sud Champagne (6.6%) (Chaumont-Nogent-Langres) et Epernay (6.9%).

En Alsace, l’économie est dynamique et les flux frontaliers sont un levier. Les deux plus faibles taux de chômage se trouvent à Wissembourg (5.5%) et Molsheim (6.2%). Assez peuplée comparativement à sa taille, et plutôt aisée, l’Alsace fait partie des trois régions les plus industrielles de France (Avec la Franche-Comté et la Haute-Normandie) . L’industrie textile, l’automobile, la chimie et les télécommunications constituent les principaux secteurs industriels alsaciens. Mais le chômage à Strasbourg a crû dans des proportions très importantes, pour atteindre 9,6% de la population active – soit un quasi-doublement en moins de quinze ans. Strasbourg tire parti de son attractivité pour concentrer davantage d’emplois de production intellectuelle, dans les secteurs de l’informatique, du droit, de la gestion notamment.

Le territoire du Sud Haute-Marne (Chaumont-Nogent-Langres) arrive en deuxième position du plus faible taux de chômage dans le Grand Est avec 6.6%. La Haute-Marne a longtemps été le département le plus industriel de France. L’industrie dans la santé (dispositifs médicaux), aéronautiques et automobile, constituent les principaux secteurs industriels du Sud-Haute-Marne. Mais la Haute-Marne ne posséde pas de métropole, et a ce titre n’est pas reconnu. Pourtant, sa densité d’entreprises industrielle est remarquable. Quels sont les acteurs de la région Grand Est qui connaissent le dynamisme du Sud Haute-Marne ? Qui comprend qu’on peut innover et se développer en territoire rural ?

Les jeunes s’imaginent qu’il faut aller dans une métropole pour avoir un avenir, et le système éducatif véhicule le même message. Les chiffres contredisent cette croyance populaire.

Le territoire d’Epernay arrive en troisième position avec 6.9%. On comprend que le champagne est un moteur économique puissant. Jean-Claude Étienne, président du conseil régional de Champagne-Ardenne de 1998 à 2004, avait coutume de retirer les Chiffres du Champagne pour mieux comprendre la situation des autres secteurs de sa Région Champagne-Ardenne.

Le sud Meuse ( Bar-le-Duc) rejoint ce trio de tête avec 7.7%.