Alfred Flamarion (1844-1896), un grand nom ! Un médecin gravé dans l’histoire nogentaise.

, par Maryline Meunier, Philippe Savouret

A plusieurs reprises dans ce rétro, le nom d’Alfred Flamarion a fait son apparition. En 1900, la rue Saint Roch où se trouve l’ancienne maison du Docteur prend le nom du Docteur Flammarion » écrit avec deux « M ». Mais qui était cet illustre personnage ? Réponses à partir d’un ancien bulletin municipal et des archives prêtées par Philippe Savouret.

Né à Epinant le 27 novembre 1844, Alfred Edouard Flamarion était le fils d’Auguste Flamarion, cultivateur et de Marie-Marguerite Marchal. Après l’école communale à Epinant, il a poursuivit ses études à la Faculté de médecine de Strasbourg . Il obtiendra son doctorat grâce à la soutenance de sa thèse « Des fistules thoraciques  » présentée le 12 janvier 1869. Il démissionnera de son grade d’aide-major pour s’installer comme médecin à Nogent-le-Roi (Haute-Marne) le 11 janvier 1870.

Le 16 juillet 1870, alors qu’il s’apprêtait à épouser sa cousine germaine Esther Flamarion, il est appelé dans la réserve comme soldat et a rejoint le 33è de ligne à Arras et reprendra son ancien grade d’aide-major avant d’être nommé aide-major auxiliaire. De juillet 1870 à mai 1871, il a prodigué des soins sur les champs de bataille durant la guerre de 1870 dans l’armée de la Meuse puis dans celle du Nord et enfin dans l’armée de Versailles « contre la commune de Paris  ». Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur à 26 ans. A travers ses souvenirs de campagne consignés dans « Le Livret du Docteur » (Souvenirs de la campagne contre l’Allemagne et contre la Commune de Paris 1870-71) paru en 1872, il évoquera les horreurs de la guerre vécues au cœur de la bataille. Pendant ce temps Nogent subit comme Langres les méfaits des Prussiens, ce que le docteur apprend plusieurs semaines plus tard. De retour au pays, il épouse à Epinant, Esther le 26 juillet 1871 et peut se consacrer pleinement à sa profession médicale à Nogent.

Le médecin philanthrope

D’une grande renommée, dévoué à tous, surtout même aux plus humbles, il a exercé 25 années sans se soucier de savoir s’il serait payé ou non. «  Payait qui voulait  », il lui arrivait même de laisser de la nourriture, voire de l’argent aux plus nécessiteux. En 1873, grâce à l’étude de 40 cas, il fait paraître «  Epidémie d’angines couenneuses et diphtéries observée à Nogent pendant les années 1871 et 1872. »

JPEG - 648 ko
Alfred Flamarion (1844-1896) au chevet de ses patients.

Un républicain actif

Le médecin sera également très investi au sein de sa commune. En 1874, il a été élu comme conseiller municipal puis nommé maire le 3 septembre 1879 par décret présidentiel et le restera jusqu’au 17 mai 1884. Il a été également élu conseiller général du canton en 1874. Le 17 mai 1896, élu à nouveau premier magistrat de la Ville, compte tenu de son état de santé (il aurait contracté «  le croup  », la diphtérie en soignant un enfant), il ne peut assumer cette charge et refuse.

JPEG - 1.4 Mo
La maison du Docteur Alfred Flamarion.

Edmond Bernard lui succédera le 24 mai avant que le docteur Flamarion ne décède à l’âge de 52 ans le 17 juin 1896. M.Bernard, dans ses paroles d’adieu lors des obsèques du docteur évoquera «  un homme dévoué, qui fut pendant 25 années, le bienfaiteur des pauvres et le consolateur des malades de notre ville et de ses environs. » Vendredi 19 juin 1896, la foule s’était déplacée lors de ses obsèques grandioses et émouvantes : 1500 personnes à Nogent, 300 à Epinant, son village natal où il repose.

Que reste-t-il de son passage ?

Le conseil municipal de l’époque a décidé d’ériger un monument à la mémoire du Docteur Alfred Flamarion par souscription publique. Ce monument inauguré le 20 juin 1897 a été placé sur la promenade à l’extrémité de la Grande-Rue.

JPEG - 554.1 ko
Le monument à la mémoire du Docteur Alfred Flamarion, par souscription publique, a été inauguré le 20 juin 1897 . (Photo du monument à son ancien emplacement sur la promenade à l’extrémité de la Grande-Rue) .

Suite à l’érection du monument aux morts de la Grande Guerre 14-18, le monument a été déplacé en 1924 à l’extrémité sud du square pour lui faire pendant. Celui-ci a été rénové par la ville en 1997, 100 ans après, en présence de membres de sa famille. Sa maison est toujours facilement reconnaissable avec sa plaque de rue. Seul bémol dans son histoire, la fameuse ligne du Tacot, dont il a été à l’origine, évoquée lors des précédentes éditions de cette rubrique laisse encore des traces visibles dans le secteur…Entre pierres et rails, le docteur Flammarion (avec un ou deux M) restera un médecin gravé dans l’histoire nogentaise.

Une erreur orthographique

Flamarion avec un seul « M » est une erreur orthographique d’une secrétaire de mairie. Son arrière grand-père, Jean Flamarion et ses frères ont pris l’habitude d’écrire leur nom avec un seul « M » alors que les autres branches dont celles de ses cousins, les deux frères : Camille Flammarion l’astronome et Ernest Flammarion l’éditeur ont gardé « MM ».


JPEG - 648.6 ko
Publié par Maryline Meunier le dimanche 12 janvier 2020 dans le Journal de la Haute-Marne (JHM) n° 9280 http://www.jhm.fr

Publié par Maryline Meunier le dimanche 12 janvier 2020 dans le Journal de la Haute-Marne (JHM) n° 9280 http://www.jhm.fr


Reproduction du texte et photo avec l’autorisation de l’auteur Maryline Meunier
Recherche documentaire : Philippe Savouret.


Pour en savoir plus :

- Alfred Flamarion (1844-1896), un grand nom !
- De la tradition artisanale coutelière aux implants chirurgicaux et au Cluster Nogentech.
- La ligne de partage des eaux sur le plateau de Langres
- La Haute-Marne compte deux « Henokiens », des entreprises de plus de 200 ans d’âge.
- La ville fortifiée de Langres n’est toujours pas classée au patrimoine mondial de l’ Unesco !