Cinétech n°38 « Tiques, la grande traque » le mercredi 22 mai 2019 à 19h à Nogent

, par christophe Juppin

Cinétech n°38 « Tiques, la grande traque » le mercredi 22 mai 2019 à 19h à Nogent . Un film de Stéphanie Rahtscheck (52’/2017/Pulsations & 17 juin Médias)
Film issu de la collection Enquête de Santé, diffusé sur France 5 ; Suivi d’une conférence de Didier simeon.

« Tueur masqué », « scandale sanitaire », « épidémie cachée »... Aucune affection ne suscite aujourd’hui plus d’angoisses, de fantasmes et de défiance envers les autorités que la maladie de Lyme. Transmise par des morsures de tiques colportant des bactéries pathogènes – les fameuses Borrelia –, cette maladie infectieuse se soigne par des antibiotiques. Non traitée, la borréliose peut provoquer des symptômes très variés, dont des atteintes neurologiques. Pour certaines associations de malades soutenues par des médecins, non seulement la maladie de Lyme est aujourd’hui gravement sous-diagnostiquée en France (on recense environ 30 000 nouveaux cas chaque année), mais elle aurait aussi une forme chronique qui résisterait à un traitement par antibiotiques de trois ou quatre semaines. Ils préconisent une longue cure d’antibiotiques et dénoncent un déni de la part de la science « officielle » et des pouvoirs publics. Déclarés négatifs par les tests reconnus (Elisa ou Western Blot), des patients atteints de douleurs persistantes et qui attribuent leur mal à Lyme se jettent aussi sur des dépistages alternatifs et des traitements non conventionnels.

Tiques : la grande traque

Minuscule, un agresseur d’un genre tout particulier se niche dans les hautes herbes, broussailles humides et autres zones boisées, attendant sa proie. La tique, cet insecte avide de sang trois cents fois plus petit que l’homme, s’agrippe volontiers à notre épiderme pour se nourrir durant des heures, voire des jours. À nos risques et périls, car sa piqûre est loin d’être anodine... Tenace, l’acarien peut être porteur de la Borrelia burgdorferi, bactérie responsable de la maladie de Lyme, occasionnant des affections sévères : douleurs articulaires et musculaires, paralysie faciale, problèmes cardiaques et difficultés respiratoires. Chaque année en France, des milliers de personnes contaminées développent ces pathologies et souffrent sans que l’on parvienne à établir le diagnostic à temps. Où en est la recherche scientifique ? Quels sont les moyens mis à disposition des patients ?

La maladie de Lyme est surnommée « la grande imitatrice », tant ses symptômes portent à confusion avec d’autres atteintes telles la sclérose en plaques, la polyarthrite ou une tumeur cérébrale. La bactérie, issue de l’intestin de la tique, inoculée à l’homme, peut voyager dans le sang et coloniser l’organisme (articulations, cerveau, cœur etc.). Ses victimes se comptent dans le monde entier : aux États-Unis, on considère qu’il s’agit de la deuxième maladie infectieuse du pays après le sida, certains parlant même d’épidémie. Des programmes de recherche sont lancés, notamment en Grande-Bretagne, pour étudier et analyser ce parasite pernicieux. La nécessité d’un diagnostic précoce a été mise en évidence dans l’efficacité des soins apportés. Si l’infection est désormais mieux connue et des traitements proposés, elle divise le monde médical, tandis que de nombreux patients se sentent incompris et délaissés face à leurs douleurs.

Les tests et les protocoles de traitement sont au cœur d’une guerre d’experts. Jugés fiables en partie seulement, ils sont également remis en cause par des collectifs de malades qui dénoncent des défaillances.

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Pr Benoît Jaulhac «  on va rechercher si le patient présente ou pas des anticorps anti Borrelia burgdorferi » .

Le test Elisa recherche la présence d’anticorps prouvant l’infection. Pour le Pr Benoît Jaulhac « ce que l’on cherche c’est la réponse immunitaire spécifique du patient à la bactérie en question. En l’occurence, dans le cas de cette analyse, on va rechercher si le patient présente ou pas des anticorps anti Borrelia burgdorferi » . Le résultat du test est avant tout une aide au diagnostic. Il permet de prouver que le patient a bien été infecté, mais il ne permet pas de savoir si la bactérie est active et si elle provoque des symptômes. « la présence de cet anticorps n’indique qu’une seule chose, c’est que le patient a été au contact de cet agent infectieux, que son système immunitaire a produit des anticorps pour réagir vis à vis de cette bactérie ». En cas d’infection de Lyme, les médecins doivent systématiquement confirmer leur diagnostic avec ce test.

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Selon le Pr Christian Perronne, Elisa ne serait pas assez sensible pour détecter tous les malades « Elisa n’est pas bon. Il faut arrêter de faire des sérologies de Lyme. Il faut que ce débat scientifique s’arrête. »

Mais selon le professeur Christian Perronne, Elisa ne serait pas assez sensible pour détecter tous les malades « Elisa n’est pas bon. Il faut arrêter de faire des sérologies de Lyme. Il faut que ce débat scientifique s’arrête. ».

Selon le Pr Benoît Jaulhac, le test est efficace, mais certains médecins ne savent pas l’utiliser au bon moment. En effet, si Elisa est prescrit trop tôt, après une piqure de tique, il risque de donner de faux résultats. « Dans le cas de Borrelia, cela arrive quand les patients sont testés trop précocement par rapport à l’évolution de leur maladie. C’est à dire que Borrelia est une bactérie de croissance lente. On sait que cela peut prendre jusqu’à deux mois pour que la mise en place de la réponse immunitaire soit satisfaisante pour qu’elle soit détectée. Donc pendant ces deux mots, le patient peut être malade et la réponse sérologique va être insuffisante pour qu’on puisse le détecter.  »

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Selon le Pr Benoît Jaulhac, « Dans le cas de Borrelia, cela arrive quand les patients sont testés trop précocément par rapport à l’évolution de leur maladie. On sait que cela peut prendre jusqu’à deux mois pour que la mise en place de la réponse immunitaire soit satisfaisante pour qu’elle soit détectée.  »

Un test décrié, et des malades qui seraient sous diagnostiqués.

Leur objectif ? Parvenir à la reconnaissance de leurs maux et revendiquer leur droit à une prise en charge adaptée. Les réponses des pouvoirs publics ont semblé progresser dans ce sens : en 2016, le gouvernement lance un plan national visant à mieux former les médecins et mieux instruire les malades. Pas assez selon les associations qui pointent, deux ans plus tard, l’inefficacité des mesures. Ce documentaire explore les caractéristiques de cette maladie encore sous-estimée et rappelle les enjeux de cette épineuse question de santé publique.

Un film de Stéphanie Rahtscheck (52’/2017/Pulsations & 17 juin Médias)
Film issu de la collection Enquête de Santé, diffusé sur France 5

Film accompagné par Didier simeon.

Tout commence par une promenade en forêt… Cachée dans les herbes, la tique guette sa proie... Vous ! En mordant, le parasite peut transmettre une redoutable bactérie, la borrelia burgdorferi, responsable de la maladie de Lyme.

Le début du cauchemar pour des milliers de malades infectés sans le savoir.

En 2017, 33 000 personnes ont été contaminées. Diagnostiquée trop tardivement, l’infection peut se manifester par des douleurs articulaires et musculaires, une paralysie faciale, des problèmes cardiaques…

Surnommée la Grande imitatrice, la maladie de Lyme est un casse-tête pour les médecins car ces symptômes sont souvent confondus avec d’autres affections comme la sclérose en plaques ou la fibromyalgie. Une bactérie complexe, des symptômes invalidants et des patients victimes d’errance médicale… La maladie de Lyme est une infection pernicieuse qui déroute les malades et divise le monde médical.


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Cinétech n°38 « Tiques, la grande traque »

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