Covid-19 : Préserver l’emploi aux Forges de Courcelles S’il y a une reprise de l’activité, il n’y a pas de raison qu’on change de dimensionnement

, par Orianne Roger

Avec la pandémie, les ventes de voitures se sont arrêtées impactant l’industrie automobile, comme ici, à Nogent en Haute-Marne.


"Sur la deuxième partie de mars 2020, on a fait zéro de chiffre d’affaires, en avril on a fait 10 % d’un mois normal et 20 % en mai. Pour juin, on estime qu’on sera en dessous de 50 %". Philippe Boujon est à la tête des Forges de Courcelles à Nogent en Haute-Marne qui produisent notamment des vilebrequins pour le secteur automobile. Il s’inquiète. "La remise en marche est beaucoup plus lente que prévu". Le domaine reste très désorganisé, avec des entreprises qui tantôt ouvrent, tantôt ferment, malgré un déconfinement engagé depuis un mois."

"Il faut 10 000 composants pour monter une voiture, il suffit qu’il en manque un pour que le constructeur ne puisse pas la faire. Si c’est le cas, il prévient les 9 999 autres sous-traitants qu’il n’a plus besoin de leur marchandise". Et le carnet de commandes baisse fortement. Par ailleurs, le dirigeant constate : "Les gens ne se précipitent pas pour acheter des voitures". Les constructeurs essaient donc de vendre leur stock avant de passer des commandes pour réaliser de nouveaux véhicules. Un moyen de préserver leur trésorerie, qui nuit à l’activité des sous-traitants.

Œuvrer pour le secteur automobile n’est jamais un long fleuve tranquille. Philippe Boujon le sait bien puisque son entreprise est directement impactée par la conversion du marché vers le véhicule électrique depuis années. Mais c’est la première fois qu’il n’a pas de visibilité sur l’avenir à court ou moyen terme. "On ne sait pas du tout ce qu’on fera en juillet 2020". Le dirigeant doit naviguer à vue dans une situation inédite alors même que son entreprise fait vivre 400-450 salariés.
Considérant le niveau de l’activité, ils sont maximum 180 à travailler aujourd’hui. "On fera tout pour préserver l’emploi", assure-t-il, louant au passage le dispositif de chômage partiel mis en place par l’État pour aider à passer la crise. "Et s’il y a réellement une reprise de l’activité, il n’y a pas de raison qu’on change de dimensionnement".


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Philippe Boujon est à la tête des Forges de Courcelles à Nogent en Haute-Marne qui produisent notamment des vilebrequins pour le secteur automobile.

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Publié par Orianne Roger le vendredi 12 juin 2020 dans la Voix de la Haute-Marne n°8966 en page 1 et 5. https://www.lavoixdelahautemarne.fr

Publié par Orianne Roger le vendredi 12 juin 2020 dans la Voix de la Haute-Marne n°8966 en page 1 et 5. https://www.lavoixdelahautemarne.fr

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Jean-Louis Deguy président et Élodie Bertocchi, Responsable Formation et Compétences, aux Forges de Courcelle. Jean-Louis Deguy a demandé, lors de l’assemblée Générale du cluster Nogentech du jeudi 02 juillet 2020, une baisse exeptionnelle des cotisations 2021 de l’association Nogentech pour tenir compte de la crise du Covid-19. Ce serait un geste de solidarité apprécié des industriels. (Photo Philippe Savouret)

Pour en savoir plus :

- Matinale technologique n°16 : La robotique du futur : Robotique collaborative et Robotique mobile le 18 octobre 2017 à Nogent.
- Robotisons nos usines pour sauver notre industrie
- Forges de Courcelles : partir loin pour être plus fort ici
- GIP Haute-Marne : où est passé tout l’argent ?
- Les Forges de Courcelles sont le premier producteur de vilebrequin des voitures à moteur thermique en France
- Covid-19 : La diversification à marche forcée le 12 juin 2020
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