Gilbert Stimpflin contre la casse des CCI, le 23 juin 2018

, par christophe Juppin

La CCI Grand Est a pris l’avant-garde du combat qui oppose les organismes consulaires à l’État dans le cadre du projet de loi de finances 2018. Une banderole noire a été déroulée sur la façade de la CCI à Mulhouse. Le personnel a manifesté, soutenant le combat du président de la CCI Grand Est, Gilbert Stimpflin.

La banderole dénonce « la mise à mort des CCI  ». Gilbert Stimpflin a volontairement voulu forcer le ton pour dénoncer la situation faite aux CCI. Le gouvernement veut leur ponctionner 400 millions d’euros entre 2019 et 2022 (sur la taxe affectée au financement des missions de service public réalisées par les CCI).

«  Le budget des CCI qui était de 1,2 milliard est passé, au fil des ponctions à 950 puis 750, et il sera de 350 millions d’euros en 2022 », résume Gilbert Stimpflin qui en décrit les conséquences catastrophiques, notamment sociales. « Nous allons vers une casse sociale sans précédent, qui se traduira par 5 à 6 000 licenciements au niveau national dont 400 dans le Grand Est et 160 à 180 en Alsace  ».

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Une banderole noire a été déroulée sur la façade de la CCI à Mulhouse, où s’est retrouvé le personnel autour du président de la CCI Grand Est, Gilbert Stimpflin. PHOTO DNA – FZ

Une CCI Grand Est exemplaire

En effet, rien que pour l’Alsace, le budget des CCI va passer de 16 millions à 5-6 millions d’euros. « Or que font les CCI avec cet argent ?, interroge Gilbert Stimpflin : elles emmènent les entreprises à l’export, vers l’innovation. Nous sommes les champions de la création d’entreprise et de l’apprentissage, nous épaulons les communes et les territoires, car nous avons un ancrage local, nous sommes dans la proximité avec les entreprises. Or sans argent, nous ne pourrons plus le faire. Les dégâts ne seront pas mesurables immédiatement, ils seront insidieux et dans quatre ans, ce sera la catastrophe ».

L’indignation du président de la CCI Grand Est (qui rassemble neuf CCI) est d’autant plus grande que le rapport commandé par l’État à l’Inspection générale des finances décrit, entre autres, le fonctionnement de la CCI Grand Est comme exemplaire. La restructuration a été faite, la mutualisation a été poussée à son maximum avec la centralisation des fonctions support à Strasbourg.

« En acceptant une première ponction de 150 millions d’euros il y a deux ans, demandée par Emmanuel Macron, nous avons contribué à l’effort collectif, pour la France », poursuit Gilbert Stimpflin qui brandit maintenant un courrier adressé par le chef du cabinet du Premier ministre Édouard Philippe au président des CCI allemandes.

Ce courrier affirmait qu’«  aucune autre baisse ne sera réalisée dans les années à venir afin de donner au réseau une visibilité pluriannuelle sur ses ressources ».
Pour le président du Grand Est, il y a donc reniement de la parole donnée, manquement aux engagements pris avec nos voisins allemands : «  Comment construire l’Europe ainsi ? Les CCI allemandes ont besoin d’avoir face à elles des chambres de commerce françaises fortes.  »

Il refuse aussi de devoir monnayer systématiquement les services fournis par les CCI. Ce qui serait la voie ouverte à une possible privatisation.
« Ce modèle serait complètement différent. Jusqu’où pourrons- nous l’inventer tout en gardant notre raison d’être : la proximité avec les entreprises, sachant que 90 % d’entre elles sont des TPE et PME ?  », demande-t-il.

Gilbert Stimpflin souhaite maintenant rassembler le maximum d’entreprises autour de son combat. Par exemple en demandant à chacune d’envoyer un courrier de protestation au Premier ministre, soulignant le rôle indispensable des CCI.

Publié le 23 juin 2018 dans https://www.dna.fr


Pour en savoir plus :

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- Chambres de commerce : le chambouletout de Bercy le 07 juin 2018
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