La venue d’Edouard Philippe à Metz le 21 juin 2018 donne un coup de projecteur sur l’IRT M2P et un coup de pouce aux Start-Ups

, par christophe Juppin

Ce jeudi 21 juin 2018, Matignon a choisi l’IRT M2P, à Metz, pour installer son comité de surveillance du grand plan investissement. Belle consécration pour cet institut de recherche technologique (IRT M2P) créé il y a cinq ans à Metz pour optimiser la montée en maturité des technologies-clés dans le secteur des matériaux et procédés. Puis Le Premier ministre, Edouard Philippe a annoncé le lancement d’un nouveau fonds « French Tech seed », pour la French Tech, en soutien aux Start-Ups technologiques afin d’accentuer la « deep tech ».- photo : Benoit Granier - Matignon

Qu’est-ce qu’un Institut régional de technologie (IRT) ?
Ils sont huit en France et réunissent, sur des projets précis, industriels, PME, laboratoires et chercheurs. « Les grandes entreprises amènent leurs sous-traitants et c’est toute la chaîne de valeur d’un produit qui est analysée pour l’optimiser », explique le directeur de l’IRT M2P, Christophe Millière. « C’est un outil au service de la recherche industrielle. »

Exemples de projets menés à l’IRT M2P
Un projet a été finalisé et rendu clé en main au consortium réunissant une dizaine de partenaires au sein du Parc composite de Porcelette. « Créer une pièce de structure automobile en matériau composite, donc plus léger, en l’occurrence un plancher. Mais le matériau seul n’était pas en jeu. Il fallait également définir un procédé industriel avec un coût de production performants ». Autre succès avec le chrome 6 qui doit remplacer le chrome 3 bientôt interdit car trop polluant. « Trois laboratoires ont travaillé avec nous sur le sujet, trois thèses en sont sorties. La solution mérite encore de mûrir, mais sur un type de métal, elle donne un résultat et sera commercialisée. » Une vingtaine de projets sont en cours et six à sept autres seront déposés d’ici la fin de l’année. «  Une centaine d’industriels co-investissent sur la plateforme. Ce nombre ne fait qu’augmenter. Sans compter la quinzaine de laboratoires et les vingt thésards qui travaillent avec nous. » Une centaine de salariés sont répartis sur les différentes plateformes situées à Metz, Porcelette, Uckange (avec Metafensch) et Duppigheim.

Quel financement ?
Le cofinancement, c’est la base même de ces plateformes qui contribuent à accélérer les solutions innovantes pour l’industrie. Sur dix ans, l’IRT M2P a obtenu un budget de 120 M€ ; une moitié financée par les entreprises, l’autre moitié par l’État via le secrétariat général pour l’investissement. Reste à définir le mode de financement des IRT après 2020. Précisément, l’enjeu du fameux Grand plan d’investissement présenté par Edouard Philippe ce jeudi matin à Metz.

Quel avenir ?
Si rien n’est encore défini après 2020, il semblerait bien que l’autonomie financière des IRT, comme envisagé à leur création, soit difficilement envisageable. «  L’IRT M20 a obtenu de voir ses projets engagés avant 2020 d’être financé à parité jusqu’en 2025. C’était déjà une belle avancée pour nous car ça nous permet d’aller de l’avant, de ne connaître aucune rupture dans le lancement de nouvelles innovations industrielles. » Car l’IRT M2P est une structure qui marche bien, très bien même et la venue d’Edouard Philippe, accompagné de Bruno Le Maire (Economie) et Frédérique Vidal (Enseignement supérieur) confirme la voie dans laquelle cette plateforme est engagée depuis maintenant cinq ans. « Mais le message du Premier ministre était clair : continuer et faire mieux. »
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Laurence SCHMITT

Publié par Laurence Schmitt le 21 juin 2018 dans https://www.republicain-lorrain.fr

Parmi les autres annonces du Premier ministre, dans le cadre du G.P.I : une consolidation des pôles de compétitivité, afin de leur permettre de monter en gamme et travailler à l’échelle européenne.

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Les #PôlesDeCompétitivité @Bpifrance @IRTSystemX prêts à écouter le Premier Ministre @EPhilippePM sur l’innovation et les pôles @Pole_Systematic @PoleIAR @AlsaceBiovalley @_Bercy_ @BrunoLeMaire @VidalFrederique @DelphineGeny

A Metz, le Premier ministre a également annoncé sa volonté de favoriser le développement des starts-up de l’innovation, grâce à la mise en place du « Fonds « French Tech Seed », doté de 400 millions d’euros […], qui pourra investir directement aux côtés d’investisseurs privés dans ces start-ups » .

Doté de 400 millions d’euros dans le cadre du troisième volet du Programme d’investissements d’avenir, ce fonds visera à soutenir les levées de fonds des start-ups technologiques issues des laboratoires, des incubateurs ou des sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT).

Géré par Bpifrance, il reposera sur des apporteurs d’affaires labellisés, chargés d’accompagner ces nouvelles pousses et de leur trouver des investisseurs privés.
Ces apporteurs d’affaires, garants de la validité technologique du projet, permettront un investissement public quasi-automatique, sous forme d’obligations convertibles, en complément des capitaux apportés par les investisseurs privés.

Le fonds, qui dote la France, à l’instar d’autres start-up nations comme les Etats-Unis, la Corée du Sud ou Israël, d’un outil de financement capable de financer le pré-amorçage à grande échelle, pourra également intervenir directement en fonds propres pour des levées plus importantes.

«  Un dernier mot sur un sujet qui vous concerne directement. Je veux parler du financement des start-ups issues de la recherche.

L’objectif est de favoriser le développement des start-ups qui naissent chez vous. Les faire naître, les faire grandir. Les ancrer aussi dans la culture, parfois un peu éloignée de la leur je le reconnais, du capital-risque.

On le sait, l’industrie du capital-risque en France s’est beaucoup développée. C’est très positif. Cependant, cette industrie ne couvre pas encore tous les besoins. De nombreuses pépites, en général issues de la recherche, ne peuvent y accéder. Soit parce qu’elles sollicitent de trop petits tickets d’investissement, moins de 500 000 euros. Soit parce qu’elles présentent un risque encore trop élevé.

C’est pourquoi nous allons créer un fonds – le Fonds « French Tech Seed », doté de 400 millions d’euros par le PIA et géré par Bpifrance, qui pourra investir directement aux côtés d’investisseurs privés – c’est fondamental – dans ces start-ups. Y investir durant cette phase cruciale de pré-amorçage que je décrivais, qui se situe très en amont et où le risque est élevé. Grâce à ce fonds, la France se dote enfin d’un outil capable de financer le « pré-amorçage » à grande échelle. »

Sa création conforte le virage, annoncé le 25 mai 2018, à l’occasion du salon Vivatech, par le Secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir MAHJOUBI, de la French Tech vers la deep tech.

Il concrétise également l’un des 100 engagements pris à l’occasion du plan « Action start-ups 2018 » présenté alors.

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Le Premier ministre, Edouard Philippe, était en déplacement à Metz ce jeudi 21 juin 2018 en visite à Instituts de Recherche Technologique IRT M2P avant de dévoiler les grandes lignes du Grand plan d’investissement (G.P.I), et d’intaller son comité de surveillance. Puis d’annoncer le lancement d’un nouveau fonds « French Tech seed », pour la French Tech, en soutien aux Start-Ups technologiques afin d’accentuer la « deep tech ».- photo : Benoit Granier - Matignon

Pour en savoir plus :

- Medtech, biotech, e-santé : un potentiel français à 40 milliards d’euros dans une étude du 15 novembre 2017
- Bpifrance accélère les entreprises de la Healthtech le 04 décembre 2017
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