Lancement des réseaux de diffusion technologique le 14 décembre 1988

, par christophe Juppin

Monsieur Hubert CURIEN, Ministre de la Recherche et de la Technologie, a présenté le 14 décembre 1988 en Conseil des Ministres une communication préconisant le lancement d’un réseau de diffusion technologique. Ce projet a pris forme et a été officiellement lancé par le Ministre dans deux régions : en Lorraine le 4 décembre et en Limousin le 5 décembre.

Par ailleurs, les deux Ministres de tutelle de l’ANVAR : M. Roger FAUROUX et M. Hubert CURIEN ont adressé à l’Administrateur Général du CEA et au Président de l’ANVAR une lettre confirmant le souhait des deux Ministres de voir l’ANVAR et le CEA participer activement à cette opération.

Il s’agit de mener une expérience pilote d’une durée d’un an sur 4 régions : Bretagne, Limousin, Lorraine et Rhône-Alpes. L’objectif est de faire en sorte que l’ensemble des actions, des initiatives aussi bien nationales que régionales qui ont pu émerger ces dernières années dans ces régions, soit utilisé pour améliorer l’action en faveur des petites et moyennes entreprises et en particulier pour faire ressortir leurs besoins en matière de technologie et ainsi leur offrir la réponse la plus appropriée.

JPEG - 62.2 ko
François Bouvier (à droite) a participé, en 1999, au cahier des charges à la base de la création des réseaux.

JPEG - 9.3 ko
François Bouvier a participé, en 1999, au cahier des charges à la base de la création des réseaux.

François Bouvier a réalisé un tour d’Europe pour analyser les meilleurs pratique en matière de soutien au développement technologique et participer au cahier des charges des réseaux de diffusion technologique.

C’est ainsi que le cahier des charges du réseau de diffusion technologique préconise un certain nombre d’actions, comme
- de recenser et de mobiliser tous les interlocuteurs susceptibles d’aider les dirigeants d’entreprise ;
- de toucher un nombre d’entreprises significativement plus large que celles qui sont touchées par les membres du réseau et en particulier toutes les entreprises qui n’ont pas encore un niveau technologique suffisant ;
- d’harmoniser la prospection et le suivi des entreprises par le réseau afin d’éviter des lacunes ou le double emploi ;
- d’identifier les besoins technologiques de ces entreprises et de prescrire l’Intervention des prestataires susceptibles de les résoudre ; enfin, d’apporter à cette occasion une assistance à l’utilisation des aides publiques qui peuvent être mobilisées pour ces entreprises.

L’idée, bien entendu, n’est pas de se substituer au réseau ANVAR existant et à l’ensemble des initiatives qui ont pu être développées au niveau régional, mais de renforcer l’action dans ce domaine.

Le rôle de l’ANVAR dans cette opération est double : d’une part assurer le secrétariat de l’expérience pilote au niveau régional.


Le réseau s’appuie sur les structures existantes dans chacune des régions, par exemple en Rhône-Alpes existe le GRIT, association qui regroupe la majeure partie des intervenants en conseils technologiques, et ATTELOR en Lorraine ; faire en sorte que l’ANVAR puisse appuyer ces structures et mettre à la disposition de celles-ci le cahier des charges de l’opération, des moyens supplémentaires.
Par ailleurs, le but est de faciliter la connexion de ces réseaux, c’est-à-dire de mettre en place une connexion inter-régionale de façon à ce que si une entreprise ne trouve pas l’offre de technologie ou la réponse à ses besoins technologiques dans la région, elle puisse bénéficier des compétences des autres régions.

Cette opération s’appuiera également sur le CEA avec lequel l’ANVAR a une convention signée dès le lancement officiel du réseau.

L’ensemble du dispositif est suivi au plan national par un comité composé du Ministère de la Recherche et de la Technologie, du Ministère de l’Education Nationale, de l’ANVAR, du CEA, du CNRS, des Chambres de Commerce et du Ministère de l’Industrie et de l’Aménagement du Territoire.

Au niveau régional, elle est suivi par les DRIR et les DRRT. L’ANVAR s’engagea pleinement dans ce projet et mobilisa sur cette opération des moyens financiers et humains.

D’autre part, dans le cadre du réseau de diffusion technologique, des aides aux services simplifiées spécifiquement orientées vers la vacation technologique et la prestation de services à caractère technologique sont mises en place par l’ANVAR.

Elles résultent de la prospection effectuée par les membres du réseau. Cette aide aux services simplifiée vise non pas à financer le fonctionnement des réseaux qui fait l’objet d’autres discussions et est assumé par les organismes eux-mêmes, mais à faciliter pour la PME qui sera prospectée par le réseau, une première prise de contact et un premier travail avec un laboratoire.

Le principe de financer ces prestations sous forme d’une subvention est retenu. Celle-ci pouvant couvrir 75 % des dépenses engagées par la PME prospectée avec un plafond de 30 000 F de subvention, c’est-à-dire la prestation pour sa partie inférieure à 40 000 F. Peuvent entrer dans l’assiette de ces dépenses, des vacations technologiques, donc des prestations effectuées par des laboratoires ; des audits de diagnostic technologique, donc des prestations d’experts dans le domaine technologique, qui passeront quelques jours dans l’entreprise pour l’éclairer sur un problème particulier ou une technologie particulière dans laquelle elle pourrait se développer ; peuvent également être éligibles les dépenses de brevet français qui correspondent assez souvent à une entreprise qu’on peut qualifier de "primo innovante" c’est-à-dire qui découvre un certain nombre d’actions de technologie pouvant correspondre à une première dépense de propriété industrielle.

Le principe retenu pour ces aides aux services de l’innovation est d’affecter ces aides aux services à la structure juridique qui constitue le réseau et de faire une aide aux services de l’innovation globale qui sera affectée à la structure juridique du réseau et qui, en tant qu’aide à l’innovation, sera examinée en Commission Régionale d’Attribution des aides. A cette occasion le DRIR et le DRRT seront amenés à donner leur avis sur la convention elle-même et le principe du conventionnement avec l’association ou la structure juridique du réseau.

Pour simplifier la gestion des aides, elles sont calé sur les principes de l’opération IET (information des entreprises sur les technologies). La structure juridique réseau vis-à-vis des PME individuellement et par l’intermédiaire des membres du réseau qui effectuent la prospection, mobilisera successivement les paiements d’aide aux services de l’Innovation et l’ANVAR assure le paiement des tranches vers la structure juridique sur service effectué ; il n’y a pas d’avance de trésorerie à la structure juridique, mais paiement au fur et à mesure des prestations réellement effectuées et bien entendu au fur et à mesure que les PME auront reçu un appel pour leur quote-part de 25 % des prestations à caractère technologique.

JPEG - 42.5 ko
Hubert Curien avec Alain Barataud, initiateur du théléthon en France (1992)

A la suite de la communication faite devant le Conseil des Ministres par M. Hubert CURIEN sur les orientations générales de la politique de la recherche le 14 décembre 1988, le gouvernement a en effet décidé d’engager un effort spécifique pour la diffusion de la technologie vers les PME.


JPEG - 7.6 ko
Roger Fauroux, ministre de l’industrie, du commerce extérieur et de l’aménagement du territoire du gouvernement de Michel Rocard entre 1988 et 1991.

Cette orientation a été développée lors du Conseil des Ministres du 15 juin 1989, à l’occasion d’une communication de M. Roger FAUROUX sur la politique industrielle. Elle s’inscrit, plus globalement, dans l’effort national pour combler le déficit de la recherche industrielle.

L’objectif est ici d’ organiser une prospection systématique des PME afin de les sensibiliser, d’identifier leurs besoins technologiques et de leur apporter une assistance pour accéder au potentiel de recherche national et aux aides publiques disponibles.

Les expériences pilotes mobiliseront les services régionaux de l’Etat, notamment les Délégations Régionales de l’Industrie et de la Recherche et les Délégations Régionales de la Recherche et de la Technologie. L’ANVAR sera le secrétaire du dispositif, et lui apportera ses procédures d’aide à l’innovation et au transfert de technologie. Elle aura à charge de connecter les expériences régionales et, en particulier, de rechercher la réponse aux demandes qui ne trouvent pas satisfaction à l’échelle d’une région.

En outre, le réseau bénéficiera du potentiel des établissements publics et des organismes de recherche. Le CEA y apportera en particulier des ingénieurs, conformément aux nouvelles orientations en faveur de la recherche industrielle que le Gouvernement lui a données le 18 octobre 1989.

JPEG - 54.7 ko
Hubert Curien accompagne le président de la république lors de sa visite au premier ministre indien Rajiv Gandhi en 1989.
JPEG - 9 ko
Hubert Curien, ministre de la Recherche et de la Technologie de 1984 à 1986 sous le Gouvernement Laurent Fabius, puis de nouveau de 1988 à mars 1993 (sous les gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy).

Découvrez le site-web consacré à Hubert Curien


Historique des organismes de soutien à l’innovation en Champagne-Ardenne :

En 1967 l’agence nationale de valorisation de la recherche (ANVAR) a été créé pour valoriser, principalement auprès de l’industrie, les résultats de recherche des grands laboratoires publics et/ou universitaires français (transfert de technologie).
En 1979, l’ANVAR s’est vu confier la gestion de l’aide à l’innovation.


14 décembre 1988 en Conseil des Ministres, Monsieur Hubert CURIEN , Ministre de la Recherche et de la Technologie, a présenté une communication préconisant le lancement d’un réseau de diffusion technologique. Ce projet a pris forme et a été officiellement lancé par le Ministre dans deux régions : en Lorraine le 4 décembre et en Limousin le 5 décembre 1988. L’ANVAR et le CEA participer activement à cette opération. L’objectif est d’améliorer l’action en faveur des petites et moyennes entreprises et en particulier pour faire ressortir leurs besoins en matière de technologie et ainsi leur offrir la réponse la plus appropriée.


- 8 février 1991 : annonce officielle à Châlons-sur-Marne de la mise en place du Réseau de Diffusion Technologique par Mr CHEREQUE, Ministre délégué à l’aménagement du Territoire et des Reconversions.
- 14 mars 1991 Assemblée Générale Constitutive avec 35 personnes, dont 27 membres fondateurs, et Yves BONNET, Préfet de Région. Le nom de l’association est Champagne Ardenne Technologie . Le président de l’association élu est Monsieur Eugéne VOISIN, PDG de la SODEMAT à TROYES. L’Etat et la Région financent l’association à 50/50%. La coordination et l’animation nationale de l’ensemble des RDT ont été déléguées à l’ANVAR.
- 18 mars 1991 Récépissé de déclaration de constitution de l’association
- Le 23 août 1993, embauche d’une animatrice Réseau Virginie NIVIERE
- Le 7 décembre 1993, Jacques DOCHEZ nommé Président.
- Le 7 juin 1999, Alain VALLET, de REIMS AVIATION, nommé Président.


- Le 21 août 2000, embauche d’un nouvel animateur du Réseau de Diffusion Technologique, Christophe JUPPIN Directeur de Champagne Ardenne Technologie en remplacement de Virginie BERLIOZ démisionnaire, qui suit son mari en Charente-Maritime (LVMH).
- ICAR, l’incubateur public, a été officiellement créé en décembre 2000.


- 8 juillet 2005 la Banque du Développement des PME fusionne avec l’Anvar pour créer le groupe Oséo.


- L’Agence pour la Recherche et l’Innnovation en Champagne-Ardenne (Champagne-Ardenne Research and INNovation Agency CARINNA) a été créée le 29 janvier 2007 par la fusion de l’incubateur ICAR, Europol’Agro et Champagne-Ardenne Technologie (Réseau de Développement Technologique (RDT) Champagne-Ardenne) et a exercé son activité de juin 2007 à décembre 2014.


-La loi du 31 décembre 2012 a créée la Banque publique d’investissement (Bpifrance) qui résulte de la fusion du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI), de CDC Entreprises et d’Oséo.
- Depuis le 15 juin 2013, Nicolas Dufourcq est le Président du Conseil de l’établissement public BPI-Groupe


- L’Agence ID Champagne-Ardenne a été créée le 18 décembre 2014 par la Fusion par absorption des agences CARINNA (agence d’innovation) et CADev (agence de développement) et a exercé son activité de juillet 2015 à décembre 2017. En quelques mois aprés la fusion, la quasi totalité du personnel de CADev a quitté la structure.


- L’Agence Grand E-nov, l’Agence Régionale d’Innovation du Grand Est, a été créée le 26 juin 2018. Cette fois, il n’y a pas eu fusion, mais fermeture des structures préexistantes : ID Champagne-Ardenne à Reims, le Centre de Ressources Régional à Metz en Lorraine ( qui comportait le Réseau de Développement et d’Innovation (RDI) en Lorraine) et Alsace Innovation, à Mulhouse en Alsace. Sur les 18 ex-collaborateurs d’ID Champagne-Ardenne 6 anciens collaborateurs d’ID ont été repris dans l’effectif de Grand E-nov.


Pour en savoir plus :

- Rencontre nationale des RDT le 23 novembre 2001 à Troyes.
- Champagne Ardenne Technologie : Soutenir l’innovation dans les PME en janvier 2002
- Rencontre nationale Inter Réseaux à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris le 17 décembre 2002
- Aider les PME à s’ouvrir à l’innovation technologique en décembre 2003
- Champagne -Ardenne Technologie s’auto-dissout dans Carinna le 16 mai 2007
- L’urgentiste de l’innovation en mars 2010
- Des résultats bien concrets pour l’agence Carinna en 2012.
- L’innovation, ça rapporte, le 13 mai 2014
- La nouvelle « ID » de la région du 18 décembre 2014 à Reims
- Vincent Steinmetz évincé d’ID Champagne-Ardenne le 19 avril 2016
- Le « diagnostic innovation » : Mikroland, l’innovation au service de la chirurgie
- Création de l’Agence Régionale de l’Innovation – Grand E-nov
- Grand E-nov : Booster l’innovation en Grand Est le 26 juin 2018 à Metz
- Christophe Juppin valorise et développe l’écosystème innovant de Haute-Marne
- Accompagnement : « La région devient la plus attractive de France pour les start-up » le 03 décembre 2018 à Reims