Lancement en ligne du club hydrogène Bourgogne-Franche-Comté le 26 mars 2020 Donner une plus grande visibilité aux projets et aux applications déployées sur le territoire.

, par Christiane Perruchot

Le Pôle Véhicule du Futur et ses partenaires, le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, l’Agence Economique Régionale (AER), l’Ademe et le FC Lab, ont lanccé le jeudi 26 mars 2020 le Club hydrogène Bourgogne-Franche-Comté. Confinement oblige, la manifestation se déroulera sous la forme d’un séminaire en ligne. L’objectif de ce clubest de donner une plus grande visibilité aux projets et aux applications déployées sur le territoire régional, l’un des plus avancés de France, et de générer du business entre les acteurs.

L’Association Française pour l’Hydrogène et les Piles à Combustible (AFHYPAC) qui fédère les professionnels de cette nouvelle énergie le confirme : la Bourgogne-Franche-Comté, est avec l’Occitanie et la Normandie, l’une des régions les plus avancées, car elle est passée de l’intention à un plan de développement financé.

Depuis janvier 2016, la Région Bourgogne-Franche-Comté a investi plus de 12 millions d’€ dans cette filière avec le projet ENRgHy qui a permis l’obtention du label « Territoire Hydrogène ». Puis en novembre 2019, elle a ajouté une enveloppe de 90 millions d’€ d’ici 2030, pour accompagner les collectivités locales dans leurs projets de mobilité et les entreprises pour leur process industriels.

Les derniers publics doivent aider à démocratiser cette énergie, encore plus coûteuse lorsqu’elle est « verte  » comme l’a choisi la Bourgogne-Franche-Comté. L’hydrogène décarbonané est produit par électrolyse de l’eau, un processus de décomposition de la molécule d’eau grâce à un courant électrique, qui ne rejette que de la vapeur d’eau, donc pas de CO2. Contrairement, au procédé classique par reformage du gaz ou du pétrole qui représente aujourd’hui 96% de la production d’hydrogène.

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L’hydrogène devrait représenter 20% du mix énergétique en 2030, principalement comme carburant des véhicules utilitaires et des transports en commun. © AERBFC

Encore trop expérimental et coûteux pour les PME, disait dernièrement Louis Deroin, président de la CPME 90 lors d’une session d’information organisée avec EDF à Belfort, l’hydrogène n’est pas moins une opportunité à saisir, surtout dans le nord Franche-Comté, son berceau.

Depuis une vingtaine d’années déjà, la fédération FC Lab (Fuel Cell Lab), qui réunit plusieurs laboratoires de recherche et des établissements universitaires du nord Franche-Comté, est la plus grosse contributrice de publications et d’expérimentations sur la pile à combustible. « Depuis les premiers essais de véhicules à pile à combustible de La Poste [ le programme MobyPost en 2012), tout un écosystème de PME, de start-up, de grands groupes et d’équipes universitaires ont fait avancer la technologie et ses applications  », expose Brigitte Vu, enseignante-chercheur à l’UTBM.

Pour ne citer que quelques-uns de ces acteurs, du laboratoire FC Lab est née H2SYS, une start-up de Belfort, qui a conçu un groupe électrogène qui fonctionne avec un moteur électrique, alimenté grâce à de l’hydrogène, par l’intermédiaire d’une pile à combustible. Toujours à l’initiative de chercheurs universitaires, MaHyTec à Dole est positionnée de longue date sur cette technologie en fabricant des réservoirs à l’hydrogène.

L’équipementier Faurecia a récemment décidé d’installer à Bavans, dans le Pays de Montbélarad (Doubs) son centre de recherche R&D mondial sur les réservoirs hydrogène. D’autres types d’acteurs apparaissent, spécialisés dans la production d’énergie, comme le groupe de travaux publics Rougeot TP. Cette entreprise de Côte-d’Or est aussi l’initiatrice de l’Institut national du stockage de l’hydrogène qui s’installera prochainement à Belfort pour réaliser mesures et essais sur les réservoirs à hydrogène et les composants des équipements à pile à combustible.

Tous travaillent prioritairement sur les mobilités, qui sont les débouchés les plus immédiats. Plusieurs collectivités locales de Bourgogne-Franche-Comté ont lancé des projets d’équipement de bus, de camions de collectes des ordures ménagères, de trains aussi. La Région a commandé à Alstom des trains à propulsion mixte hydrogène/électricité qui éviteront les locomotives diesel sur la portion non électrifiée de la ligne du Morvan Auxerre-Migennes en 2023.

Dans la construction, comme moyen de chauffage aussi

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Les premiers projets associent les collectivités locales et des entreprises privées. Ici, Dijon Métropole et Rougeot Energy pour une unité de production d’hydrogène issue de l’électricité du turbo-alternateur de l’usine d’incinération des ordures ménagères. Le carburant servira aux tournées des camions de collecte. © Traces Ecrites.

« On évalue à 40 milliards d’€ le marché de l’hydrogène qui représentera 20% du mix énergétique en 2030, selon le plan national de déploiement de l’hydrogène qu’avait présenté Nicolas Hulot en 2018  », relate Pascal Laude, directeur de l’efficacité énergétique chez EDF Bourgogne-Franche-Comté.

Deux freins conditionnent son développement, poursuit le représentant de l’énergéticien qui s’est engagé dans l’hydrogène en 2018 avec une participation au capital du fabricant d’électrolyseurs McPhy, puis l’année suivante, dans la création d’une filiale dédiée Hynamics.

1.- Cette énergie est encore relativement chère car il faut investir dans des unités de production et des stations services de proximité. Le plan régional de développement de l’hydrogène, co-financé par Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, programme pas moins d’une station tous les 100 km pour ravitailler les flottes de transport en commun et de véhicules utilitaires qui seront les premiers utilisateurs de ce carburant.

2.- Le second frein levé par Pascal Laude est le rendement encore faible de la chaîne de production, évalué à 35% : « Il faut encore travailler sur la pile à combustible », estime t-il. Pourtant la promesse est séduisante car contrairement à l’électricité, l’hydrogène peut se stocker. Cette faculté est particulièrement intéressante pour l’électricité photovoltaïque, éolienne ou hydroélectrique dont le pic de production coïncide avec des périodes de faible consommation.

Le bâtiment est aussi un sujet d’exploration. Avec le soutien de l’UTBM et du laboratoire Femto-ST, le bailleur social Territoire Habitat va construire un bâtiment démonstrateur de 15 logements équipé d’un système de production, stockage et utilisation d’hydrogène pour produire l’eau chaude sanitaire et du chauffage en couplage avec une pompe à chaleur.





Publié par Christiane Perruchot le 25 mars 2020 https://www.tracesecritesnews.fr


Pour en savoir plus :

- Plein gaz sur le projet de station d’hydrogène
- Décarboner l’économie c’est un projet extrêmement noble" Jean-Marc Jancovici le 27 novembre 2018
- Dijon, Auxerre, Chaumont, Belfort : Rougeot Énergie se positionne comme acteur de l’énergie hydrogène
- Strasbourg : la première unité au monde de production d’hydrogène à partir de bois sera mise en service en 2021
- Lancement en ligne du club hydrogène Bourgogne-Franche-Comté le 26 mars 2020