Le « diagnostic innovation » : Mikroland, l’innovation au service de la chirurgie

, par christophe Juppin

Le « diagnostic innovation » permet d’accompagner les PME dans une première démarche d’innovation impliquant une prestation de conseil et/ou technique et leur permettre d’intégrer cette dimension dans leur stratégie de développement. L’entreprise Nouvelle Société Mikroland, basée en Haute-Marne et spécialisée dans la conception d’instruments chirurgicaux, a pu développer son activité dès 2011, grâce au dispositif « diagnostic innovation » appelé à cette époque « Prestation Technologique Réseau » (PTR) financé par Bpifrance. Rencontre avec son dirigeant, Lionel Mugnier.

Objectif du « diagnostic innovation » :
Accompagner les PME dans une première démarche d’innovation impliquant une prestation de conseil et/ou technique et leur permettre d’intégrer cette dimension dans leur stratégie de développement.

Cible du « diagnostic innovation »
Les PME (selon la définition européenne) n’ayant pas bénéficié d’aide à l’innovation depuis au moins 2 ans inclus (à l’exception du Diagnostic Innovation « 1er Brevet » ouvert à toutes les PME déposant leur premier brevet).

Les modalités de financement du « diagnostic innovation » sont :

Subvention de 8 000 € maximum, pour une prise en charge de la prestation de « diagnostic innovation » à hauteur de 50 % de son montant HT

plus d’informations sur :
https://www.grandenov.fr/appels-a-projets/diagnostic-innovation/

Portrait PTR en 2011 : Mikroland, l’innovation au service de la chirurgie :

Pouvez-vous nous dresser un portrait de votre entreprise ?

Mikroland est née en 1989 autour de la fabrication de matériel de chirurgie mini-invasive. C’est à dire tout ce qui concerne les opérations avec incisions a minima sur le corps. À l’époque, c’était encore les balbutiements et j’y ai travaillé trois ans en tant qu’ingénieur mécanicien. En 2007, la société connaissant alors des difficultés financières, j’ai eu l’opportunité de reprendre la part médicale de son activité qui s’était depuis développée dans d’autres domaines. C’est alors devenu la Société Nouvelle Mikroland. La première année, avec un distributeur comme principal client, j’ai fait 80 000 euros de chiffre d’affaires. J’étais convaincu qu’il y avait d’autres produits à développer que les pinces et les trocarts fabriqués jusqu’ici. En 2009, j’ai racheté ce client distributeur.

Sur quoi a porté votre axe de développement principal ?

Un peu plus tard, sur un salon à l’étranger, j’ai rencontré un fabricant américain qui m’a interrogé sur les possibilités de conception et de fabrication d’un instrument particulier : un écarteur à foie. Autrement dit, un outil qui permet d’atteindre l’organe via une incision de cinq millimètres seulement, et qui une fois à l’intérieur de la paroi abdominale, prend la forme d’une spatule pour soulever le foie sans le léser. Nous devions étudier la faisabilité d’un tel dispositif. C’est là que le dispositif d’aide est entrée en jeu. Nous étions en 2011.

Comment avez-vous connu l’outil de développement PTR ? Que vous a-t-il apporté ?

C’est la Chambre de Commerce et d’Industrie de Haute-Marne qui m’a guidé vers Christophe Juppin de l’Agence pour la Recherche et l’Innnovation en Champagne-Ardenne (Champagne-Ardenne Research and INNovation Agency CARINNA) pour la mise en place d’un dossier « diagnostic innovation » appelé à cette époque « Prestation Technologique Réseau » (PTR).

L’objectif était de développer un produit innovant, d’améliorer un concept existant en utilisant des moyens de fabrication dernière génération. Et l’une des conditions, outre le fait de valoriser une production française, c’était de s’entourer d’un prestataire externe. J’ai donc confié la réalisation du prototype à la plate-forme technologique Usinage à Grande Vitesse du lycée technologique Belin, à Vesoul, qui disposait des moyens adaptés pour la modélisation et la fabrication des composants de cet écarteur.

Par la suite, comment s’est déroulée l’industrialisation du produit ?

Après cette première étape, j’avais alors en main des croquis, un prototype, mais ce n’était pas suffisant. Il nous fallait tester et fiabiliser le produit autant que sortir une gamme complète d’une dizaine de modèles pour couvrir les besoins des futurs clients. On a alors sollicité une deuxième PTR, en 2013, pour mettre au point le process de fabrication et évaluer les coûts de production. Une personne a été recrutée pour finaliser la conception suite à la phase d’industrialisation et mettre au point les opérations d’assemblage et de contrôle. Si la partie assemblage des composants pouvait être assurée chez nous, grâce à la mise en place d’un atelier d’usinage et le recrutement d’un technicien, nous n’avions pas les moyens d’en réaliser l’usinage et avons dû sous-traiter.

Et aujourd’hui, quel bénéfice en avez-vous tiré ?

Fin 2015, Mikroland a six salariés. Les premiers écarteurs à foie sont sortis fin 2013 à destination du marché américain avec comme partenaire distributeur, celui rencontré trois ans plus tôt. La France et l’Allemagne constituent aussi de bons débouchés. Côté développement, nous sommes actuellement en phase finale d’étude pour intégrer à notre atelier les moyens d’usinage nécessaires à la réalisation des pièces les plus complexes aujourd’hui sous-traitées. L’investissement devrait avoir lieu fin 2015-début 2016 pour nous permettre une maitrise complète de la fabrication. Nous avons, en 2015, réalisé 700 000 euros de chiffre d’affaires.

https://www.grandenov.fr/appels-a-projets/diagnostic-innovation/

Consultez le site Internet de MIKROLAND http://www.mikroland.com/index.php/produits-et-activites/instrumentation-chirurgicale

Publié par Katia JOSEPH le 15 décembre 2015 sur le site de ID Champagne-Ardenne


Historique :
- ICAR, incubateur public, a été officiellement créé en décembre 2000.
- L’Agence pour la Recherche et l’Innnovation en Champagne-Ardenne (Champagne-Ardenne Research and INNovation Agency CARINNA) a été créée le 29-01-2007 par la fusion de l’incubateur ICAR, Europol’Agro et Champagne-Ardenne Technologie (Réseau de Développement Technologique (RDT) Champagne-Ardenne) et a exercé son activité de juin 2007 à décembre 2014.
- L’Agence ID Champagne-Ardenne a été créée le 18-12-2014 par la Fusion par absorption des agences CARINNA (agence d’innovation) et CADev (agence de développement) et a exercé son activité de juillet 2015 à décembre 2017. En quelques mois aprés la fusion, la quasi totalité du personnel de CADev a quitté la structure.
- L’Agence Grand E-nov, l’Agence Régionale d’Innovation du Grand Est, a été créée le 26-06-2018. Cette fois, il n’y a pas eu fusion, mais fermeture des structures préexistantes : ID Champagne-Ardenne à Reims, le Centre de Ressources Régional à Metz en Lorraine ( qui comportait le Réseau de Développement et d’Innovation (RDI) en Lorraine) et Alsace Innovation, à Mulhouse en Alsace. Sur les 18 ex-collaborateurs d’ID Champagne-Ardenne 6 anciens collaborateurs d’ID ont été repris dans l’effectif de Grand E-nov.

Pour en savoir plus :

- L’urgentiste de l’innovation depuis 2000
- Des résultats bien concrets pour l’agence Carinna en 2012.
- L’innovation, ça rapporte, le 13 mai 2014
- La nouvelle « ID » de la région du 18 décembre 2014 à Reims
- Vincent Steinmetz évincé d’ID Champagne-Ardenne le 19 avril 2016
- Le « diagnostic innovation » : Mikroland, l’innovation au service de la chirurgie
- David Biguet : « Il n’y a pas une, mais des industries du futur »
- Création de l’Agence Régionale de l’Innovation – Grand E-nov
- Grand E-nov : Booster l’innovation en Grand Est le 26 juin 2018 à Metz
- Christophe Juppin valorise et développe l’écosystème innovant de Haute-Marne
- Accompagnement : « La région devient la plus attractive de France pour les start-up » le 03 décembre 2018 à Reims