Les abeilles demandent une attention quotidienne 17200 : c’est le nombre de ruches implantées en Haute-Marne.

, par christophe Juppin

Les abeilles de Haute-Marne profitent d’un environnement exceptionnel. Mais leur élevage ne s’improvise pas. Du coup, la société haut-marnaise d’apiculture (SHMA) accompagne anciens et nouveaux producteurs de miel.


« L’apiculture se professionnalise même chez les apiculteurs amateurs ». Jean-Marie Mouton est secrétaire trésorier de la société haut-marnaise d’apiculture . « Il insiste : il n’est plus possible de penser faire comme les générations précédentes » et avance un argument massue : « la gestion des attaques de varroa impose un suivi plus strict des ruches ». Le message de la société haut-marnaise d’apiculture (SHMA) est clair : « l’abeille est un élevage comme les autres. On parle d’ailleurs de cheptel et, comme tout élevage, le secteur a besoin de professionnalisme. Elever des abeilles ne s’improvise pas avec une attention de tous les jours ».

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Jean-Marie Mouton (photo Estelle Galland du 15 avril 2014, Cinétech N°11)

Dans cet esprit, Jean-Marie Mouton possède deux ruches témoin à coté de sa maison, à Verbiesles. Il en détient, avec son fils Thomas Mouton, une douzaine sur le territoire. Et, pour mener à ce professionnalisme et accompagner les amateurs, la société haut-marnaise d’apiculture (SHMA) évolue de la forme de syndicat à celle d’association. Avec le Groupement de défense sanitaire des abeilles de Haute-Marne, la structure travaille en complète harmonie avec un objectif à moyen terme, celui de fusionner pour faire face au manque de bénévoles comme dans toutes associations. Le tout ne réunira pas moins de 350 adhérents apiculteurs haut-marnais avec une augmentation de 15% cette année sur les deux associations. Face à l’importation de 35 000 tonnes de miel par an en France, il est devenu important que la filière haut-marnaise se structure.

La SHMA comme le GDSA s’appliquent à accompagner ces jeunes apiculteurs pour une adhésion modique de 25 € qui comprend une assurance, une revue, un suivi sanitaire avec un vétérinaire de Joinville ou un groupement d’achat en gros. Leur message principal est l’investissement en temps et en argent que représente une ruche. Jean-Marie Mouton donne d’ailleurs deux principes de base : bien positionner ses ruches pour le bien-être des abeilles et bien se former car « les ouvrières ont des revendications piquantes ». Les deux associations sont preneuses de rencontres, de conférences et de discussions pour porter la bonne parole. Par exemple, Jean-Marie Mouton raconte que des professionnels de l’abeille effectuent de la sélection massale sur les cheptels pour améliorer leur caractère. Les critères mis en avant sont l’élevage, la propreté de l’abeille, la douceur, la consommation hivernale « pour des conditions d’exploitation agréables et rentables pour produire du miel, du pollen, de la gelée royale ou de la propolis ».

L’accompagnement de la société haut-marnaise d’apiculture (SHMA) va jusqu’à l’apithérapie avec la présentation des vertus des produits : le pollen de saule pour les adénomes de la prostate, la gelée royale pour les cures de jouvence, le miel comme antiseptique ou la propolis et son pouvoir anesthésiant.

Frédéric Thévenin

Pour rejoindre ou s’impliquer à la société haut-marnaise d’apiculture (SHMA) : Jean-Marie Mouton au 06.29.17.27.25 ou Alain Maréchal au 03.25.90.87.27.

L’abeille comme lanceuse d’alerte

L’abeille est en symbiose avec son environnement et plus particulièrement les fleurs. Pour Jean-Marie Mouton, les agriculteurs ont pris conscience de l’importance de cette symbiose. « Une attention existe mais restons vigilants ».

L’agriculture n’est pas rendue responsable de la mortalité des abeilles par les apiculteurs professionnels. Les uns ont besoin des autres et inversement. Par exemple, les abeilles s’adaptent à la disparition des colzas et s’orientent vers l’aubépine ou les fruitiers pour produire un miel plus crémeux. Elles profitent aussi du retour de cultures comme le sarrasin ou le tournasol. Par contre, le grand ennemi est le varroa qui est apparu dans les années 80. Ce parasite véhicule, en plus, des virus d’où « l’importance d’apporter des médicaments à la ruche ».

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Les abeilles butinent le sarrasin bio. Un exemple de symbiose entre apiculture et agriculture.

Le combat des associations est que tous les apiculteurs se saisissent du problème pour éradiquer la maladie. Pour ceux qui sont en bio, il existe des médicaments adaptés. Il faut également renouveler les cires tous les ans et pratiquer des vides sanitaires.

Quand à l’année 2020, elle est favorable aux insectes et à leur production. Jean-Marie Mouton parle de récoltes jamais atteintes en quantité et en qualité. « Par exemple, le taux d’humidité autour de 16% promet une bonne conservation ».

Publié par Frédéric Thévenin dans le journal de la Haute-Marne (JHM) n° 9505 p 7 du vendredi 28 août 2020. http://www.jhm.fr

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Publié par Frédéric Thévenin dans le journal de la Haute-Marne (JHM) n° 9505 p 7 du vendredi 28 août 2020. http://www.jhm.fr
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L’objectif personnel de Jean-Marie Mouton et de son fils Thomas Mouton est de confectionner tous les produits de la ruche et de « se faire plaisir ».

Pour en savoir plus :

- Parc national : 241 000 hectares de forêt entre la Champagne et la Bourgogne
- Cinétech n°37 : « Parcs nationaux – Quand la nature fait recette » le mercredi 17 avril 2019 à 19h à Nogent (52)
- Jean-Marie Mouton, nouveau président de PFT Innovalo le 04 avril 2019.
- Les abeilles demandent une attention quotidienne le 28 août 2020