Les scolytes s’attaquent aux arbres de la forêt domaniale de Saints-Geosmes. Les scolytes s’attaquent aux épicéas

, par Pierre Gaudiot

Problème identifié depuis plusieurs années, la prolifération des scolytes pose quelques soucis à l’ONF (office national des forêts) qui gère la forêt domaniale de Saints-Geosmes. Le parcours de santé va devoir être fermé à la mi-juin, le temps que les opérations de coupe se fassent.


Des conditions météorologiques favorables et un problème qui se répète depuis plusieurs années, la présence en grand nombre de scolytes dans la forêt domaniale de Saints-Geosmes est un souci suivi avec attention par les services de l’ONF.

Responsable de l’Unité territoriale Vingeanne au sein de l’office, Reynald Esmard a effectué mercredi matin 03 juin 2020 un contrôle sur le terrain accompagné par une technicienne pour évaluer la situation. « Depuis deux ans, nous constatons des problèmes avec les insectes, en l’occurrence les scolytes qui s’attaquent aux épicéas  », explique le responsable. Au-delà de l’impact sur les arbres qui dépérissent du fait de la prolifération de cette sous-famille de coléoptères, le principal danger vient du fait que le parcours de santé est bordé par ces épicéas. « Il y a des épicéas dans toutes les lignes de parcelle et le risque existe de voir les têtes voir des arbres entiers tomber  », reconnaît Reynald Esmard qui estime pour le moment à 400 ou 500 m3 le volume de bois sur lequel il faudra intervenir.

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Reynald Esmard, le responsable de l’UT Vingeanne à l’ONF, explique que près de 500 m3 de bois vont être coupés à la mi-juin 2020.

Le parcours fermé une dizaine de jours

« Les dernières périodes de chaleur, ainsi que les hivers plus doux qu’à l’accoutumée, ont contribué à ce que les scolytes se reprod uisent beaucoup plus que par le passé  », souligne le responsable de l’ONF, ajoutant que ce ne sont pas moins de cinq cycles de reproduction qui ont été constatés sur une période où habituellement il n’y en a que deux ou trois. « L’impact est d’autant plus important que les arbres, avant même l’attaque des scolytes, étaient affaiblis et en déficit hydrique  », reconnaît Reynald Esmard qui explique que les opérations de coupe programmées vont amener « à une fermeture du parcours de santé pour une dizaine de jours ». Cette fermeture devrait intervenir à la mi-juin « car il convient d’intervenir rapidement puisque le parcours de santé est une zone où le public familial est présent tout au long de l’année ». Vigilant à l’évolution de la
situation, Reynald Esmard estime que cette première coupe programmée à la mi-juin pourrait être suivie d’autres opérations « si de nouveaux épicéas venaient à être touchés. C’est une situation que l’on avait déjà connue il y a une dizaine d’années déjà sur la forêt domaniale ».

Si le parcours de santé va devoir être interdit temporairement au public à compter de la mi-juin, le parc accrobranches va, lui, rester ouvert « car pour l’heure cette partie de la forêt n’est pas touchée », précise le responsable ONF.

P. G.

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Les épicéas sont très touchés par les scolytes qui se reproduisent plus fréquemment en raison de la chaleur.
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Ips typographus - Scolyte - (Udo Schmidt / flickr.com)

Les chenilles urticantes en plus des scolytes

Les scolytes ne sont pas la seule problématique à laquelle est confronté l’ONF dans la forêt domaniale de Saints-Geosmes. En effet, une attention particulière est également portée aux chenilles urticantes qui font leur nid dans les chaînes et peuvent occasionner des désagréments pour les promeneurs. Ceci d’autant plus que les chenilles peuvent provoquer des réactions épidermiques même après avoir été neutralisées. En effet, leurs poils qui sont urticants peuvent se répandre portés par le vent « un long moment après le traitement ». « Comme pour les scolytes, leur présence n’est pas rare mais c’est surtout leur nombre qui peut amener des soucis  », souligne Reynald Esmard, ajoutant que ces chenilles sont présentes un peu partout dans le Sud haut-marnais comme c’est le cas autour des lacs. « A la différence des plages, il n’est pas possible de traiter de la même manière dans la forêt domaniale car la zone est très étendue. Le traitement pourrait nuire aussi aux autres insectes et à la biodiversité », conclut le responsable de l’UT Vingeanne.

P.G.

Reproduction du texte avec l’autorisation de l’auteur Pierre Gaudiot.

Publié par Pierre Gaudiot le jeudi 04 juin 2020 dans le Journal de la Haute-Marne (JHM) n° 9421 en page 15. http://www.jhm.fr


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Publié par Nicolas CORTE le mardi du 30 juin 2020 dans le Journal de la Haute-Marne (JHM) n‌° 9447 page 20 sur http://www.jhm.fr

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