Philippe Adnot : « Notre ambition est d’accueillir mille étudiants en plus à l’UTT » Aujourd’hui, l’Aube est capable de diplômer mille ingénieurs par an, c’est une belle satisfaction.

, par christophe Juppin

Sénateur, ancien président du Département, il fait le point sur les réussites de ces dernières années, et sur les dossiers devant encore développer l’attractivité du territoire aubois.


Vous êtes un usager habituel de la ligne 4. Comment vous organisez-vous actuellement ?

Je prends simplement ma voiture, sinon, j’aurais aussi pu aller chercher le train à Nangis. Sur ce sujet, je pense que la SNCF aurait mieux fait de mettre à disposition des cars entre Troyes et Nangis ou entre Troyes et Marne-la-Vallée, pour ensuite rejoindre le RER. Mais sûrement pas en passant par Châlons en rallongeant autant le parcours.

Ce dossier de l’électrification semble enfin sur la bonne voie. Il n’en est pas de même du projet de canal à grand gabarit. Est-ce que vous y croyez encore ?

J’ai expliqué récemment mon incompréhension, à savoir que l’État est capable de s’endetter de 20 milliards pour supprimer la taxe d’habitation, mais n’est pas capable de trouver 340 millions pour la Seine à grand gabarit. Et encore, c’est même moins que cela puisque les collectivités vont participer. Mais j’y crois toujours. Il va se faire justement parce que les collectivités acceptent d’en financer une partie.

Qui doit porter ce projet ?

La Région Grand Est doit prendre l’initiative et obtenir la participation de l’État. C’est quand même incroyable qu’on pinaille sur le comportement des gens en matière d’environnement et qu’un tel dossier n’avance pas.

La Technopole de l’Aube continue de s’agrandir. Après l’UTT et l’EPF, voici l’ESTP (École supérieure des travaux publics) et une école d’architecture. La création de ce site universitaire, c’est votre plus belle réussite ?

C’est effectivement la plus belle réussite avec le développement de l’enseignement supérieur dans l’Aube. On a eu de la chance, il a fallu savoir la saisir, prendre l’initiative, car ce n’est pas la Région qui aurait fait tout cela.

Et ce n’est pas fini... Notre ambition est, à court terme, d’accueillir mille étudiants en plus à l’UTT. Aujourd’hui, l’Aube est capable de diplômer mille ingénieurs par an, c’est une belle satisfaction. Mille étudiants qui vont tous trouver rapidement un emploi.

Parmi les projets que vous avez portés lorsque vous étiez président du Département de l’Aube, figure également le Parc logistique de l’Aube. Lui aussi se développe bien…

C’est vrai qu’il y a encore des entreprises qui se portent candidates. C’est une grande satisfaction. Les entreprises déjà installées, ainsi que les formations en logistique à l’IUT, participent à l’attractivité de ce site. Maintenant, il va falloir prévoir un autre lieu, ou bien agrandir l’actuel. J’espère qu’on pourra faire évoluer la loi pour redonner un espace d’initiative aux départements en matière économique.

Philippe Pichery a indiqué à plusieurs reprises que le Département dispose des moyens financiers pour investir si besoin dans un projet d’envergure. Auriez-vous une idée à lui souffler ?

Le canal à grand gabarit en fera partie. Je pense que le Département de l’Aube sera amené à refaire aussi des investissements en matière d’enseignement supérieur.

Et l’abbaye de Clairvaux ?

Cela peut faire partie des bons sujets. Mais il faudrait déjà régler le problème des deux ministères propriétaires, et trouver un porteur de projet. Enfin adopter un rythme de décision rapide pour répondre à d’éventuelles bonnes idées.

Cela fera trente ans en octobre 2019 que vous êtes sénateur. Que dites-vous à ceux qui souhaitent encore la disparition de cette assemblée ?

L’idée est enterrée. Je leur dis de regarder les travaux réalisés et de voir combien on a pu améliorer les textes votés à l’Assemblée nationale. J’ajoute que le Sénat participe à l’équilibre démocratique de la représentation nationale qui donne du recul à l’action publique.

Votre premier mandat remonte à 1982. Le département a-t-il beaucoup changé depuis cette élection au conseil général ?

Oui, il a beaucoup changé, avec de nombreux équipements. Je note qu’il est le seul département de la région dont la population a augmenté. Tout comme son enseignement supérieur qui le rend dynamique et attractif. Dix mille étudiants, ce n’est pas anodin.

Candidat au Sénat en 2020 ? « La décision dans un an »

Serez-vous candidat lors du renouvellement des sénateurs à l’automne 2020 ?

Le choix sera fait dans un an. Aujourd’hui, je continue de travailler avec passion, notamment sur les dossiers d’enseignement supérieur. Mon travail au sein de la commission des finances est aussi passionnant. C’est un poste avancé pour travailler sur les dossiers économiques et d’enseignement supérieur au service de l’Aube.

Que pensez-vous des préconisations faites sur le dossier des retraites ? Est-ce enfin ce qui va sauver les régimes de retraite ?

Ça va très clairement dans le bon sens. Le système actuel, vu le nombre d’actifs et de retraités, va droit dans le mur. Jusqu’à présent, il n’y a eu que des replâtrages.

Quel regard sur le CETA, cet accord entre l’Union européenne et des pays d’Amérique du sud ? Est-ce une menace sur l’agriculture auboise ?

Oui, c’est une menace pour le sucre et pour la viande. Parce que ce sont des pays qui n’ont pas les mêmes contraintes environnementales. Ici, nous avons des contraintes qui tuent notre compétitivité. Si en plus on ouvre les vannes, ça devient un vrai problème.

« Franços de Rugy s’était posé en censeur de moralité »

Le Sénat examine le texte Énergie et Climat qui prévoit notamment la neutralité carbone vers 2050. La politique environnementale du gouvernement est-elle à la hauteur des enjeux ?

Pas encore, et pourtant c’est extrêmement important. Pour le moment, on ne peut pas se couper du nucléaire. Et je pense qu’il nous faut miser sur le biogaz et sur la filière éolienne, même si en ce domaine, il faut dire stop à de nouvelles installations d’éoliennes dans l’Aube.

Que vous inspire l’affaire de Rugy ? Faut-il désormais rogner toutes les dépenses de prestige au niveau de l’État, mais aussi des collectivités ?

Il est légitime que le président de l’Assemblée nationale puisse recevoir des personnalités, sans nécessairement qu’il ait besoin de rendre des comptes. Il a une dotation pour cela. À ce sujet, on m’a dit que le homard coûte moins cher que certaines viandes. Sérieusement, le problème avec François de Rugy, c’est qu’il s’est beaucoup posé en censeur de moralité en arrivant à l’Assemblée nationale.

Propos recueillis par Jean-François LAVILLE

Edité par Jean-François Laville le mardi 23 juillet 2019 sur
https://abonne.lest-eclair.fr/


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17 nov. 2018 - Emmanuelle Rouhaud, Directrice de la formation et de la pédagogie (DFP) - UTT Troyes : « Il est important de remercier vos parents et votre entourage pour le soutient au quotidien. Vous êtes plus que des étudiants, aujourd’hui vous êtes des astronautes prêt pour le décollage ! » #RDD2018

Pour en savoir plus :

- Rencontre nationale des RDT le 23 novembre 2001 à Troyes.
- Champagne Ardenne Technologie : Soutenir l’innovation dans les PME en janvier 2002
- Rencontre nationale Inter Réseaux à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris le 17 décembre 2002
- Une école d’ingénieurs à la campagne : Article dans l’Usine Nouvelle du 26 novembre 2014.
- Les nanotechnologies en toute simplicité en 2015.
- La recherche à Nogent : Nicci (Nogent international center for CVD innovation).
- Christophe Juppin valorise et développe l’écosystème innovant de Haute-Marne
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