Plein gaz sur le projet de station d’hydrogène

, par Fred Thévenin

L’Agglomération de Chaumont croit au développement de l’hydrogène comme combustible pour les véhicules. Elle s’est positionnée pour développer un projet de station pour cette énergie jugée « renouvelable, propre, décarbonée et stockable ». Explications.

A peine dans les tuyaux que le premier comité de pilotage concernant le projet de déploiement de l’hydrogène à Chaumont a été organisé. Autour de la table : l’Agglo de Chaumont emmenée par Christine Guillemy, sa présidente et Jacky Gillet, vice-président chargé de l’Environnement, et l’entreprise Justy Ingénierie Energies avec son gérant Emmanuel Schuddinck. Etaient également présents les représentants d’Enedis.

Christine Guillemy a rappelé que ce projet entre dans le cadre de l’Agenda 21 qui permet de mettre en place des actions dans le domaine du développement durable. L’idée est de rechercher des pistes innovantes et l’hydrogène a l’avantage d’être « renouvelable, propre et décarboné contrairement à l’hydrogène industriel issu du méthane ».

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L’entreprise Justy a effectué une démonstration "miniature" avec un capteur solaire qui permet de dissocier l’hydrogène de l’eau à l’oxygène. L’hydrogène permet ensuite d’alimenter la pile à combustible pour faire avancer la voiture. Photo : Frédéric Thévenin.

Ici, il est question d’hydrogène vert fabriqué à partir de l’électrolyse de l’eau. Autre avantage cité par Emmanuel Schuddinck : « l’hydrogène est stockable contrairement à l’électricité issue, par exemple, des éoliennes. C’est un vecteur de réussite pour la transition énergétique ».

L’hydrogène est prédominant mais il est aggloméré soit à l’azote soit à l’oxygène. Pour l’extraire, il existe trois techniques : le vaporeformage avec des rejets de CO2, la gazéification avec des rejets de monoxyde de carbone et l’électrolyse de l’eau qui consiste à passer un courant électrique dans l’eau et ainsi de dissocier l’oxygène et l’hydrogène. L’option choisie par l’Agglo est donc la dernière.

Des choix techniques

Quant aux utilisations, elles peuvent être multiples : le chauffage dans des bâtiments, l’entrée dans le réseau sous forme de méthane après compression ou comme combustible. Là encore, l’Agglo s’oriente vers la troisième solution. Jacky Gillet parle d’usage de mobilité sachant qu’aujourd’hui, tout un panel de véhicules est adapté pour rouler à l’hydrogène : bus, tramway, vélo, voiture et même drone pour les essais futurs de la base de Semoutiers.

Par exemple, le vélo hydrogène Alpha possède 100 km d’autonomie et roule à 25 km/h. La Kangoo ZE H2 se charge en 5 minutes pour 300 km d’autonomie et zéro bruit. La Toyota Mirai peut rouler jusqu’à 178 km/h et faire 500 km avec un seul plein. Elle coûtait 600 000 € il y a quelques années et vaut aujourd’hui 60 000 € avant de descendre encore. En 2025, le prix sera comparable aux véhicules à carburants d’aujourd’hui soit 22 000 €.

La station hydrogène imaginée pour l’Agglo de Chaumont pourrait recharger 10 à 20 véhicules par jour. Elle tient sur deux places de parking avec un rayon vide de 10 mètres autour.

Pour le financement, l’Agglo peut compter sur des fonds européens, de l’Etat à travers l’Ademe pour le surcoût des véhicules et régionaux.

En attendant, elle a répondu à un appel à projets qui, si elle le remporte, lui permettra d’impulser et d’accélérer le développement d’une filière industrielle d’hydrogène.

Frédéric Thévenin

Publié par Frédéric Thévenin le mardi 17 juillet 2018 en page 12 dans Le Journal de la Haute Marne n° 8745 http://www.jhm.fr/