Troyes, capitale des start-up du Grand Est le 01 février 2019 à Troyes

, par christophe Juppin

Au centre des congrès à Troyes le vendredi 01 février 2018, la région Grand Est réunissait tous les écosystèmes de l’innovation de la région pour le lancement de l’accélérateur de startups "Scal’E-nov". Le Grand Est va mobiliser plus de six millions d’euros pour aider 24 start-up, dont sept à Troyes, à atteindre au plus vite le million d’euros de chiffres d’affaires.

«  L’innovation ne doit pas être réservée aux grandes villes, mais elle doit se diffuser partout  », insiste Jean Rottner, président de la région Grand Est. Et pour en faire la démonstration, c’est à Troyes qu’il a tenu à organiser le lancement du programme Scal’E-nov. C’est un programme d’accompagnement intensif des start-up de la région. Outre des ateliers collectifs, un accompagnement individuel, il prévoit des prêts d’honneur et des subventions pour que la start-up gagne en compétence commerciale et financière afin d’atteindre au plus vite le million d’euros de chiffre d’affaires. Un seuil à partir duquel les start-up sont considérées comme matures et prêtes à voler durablement de leurs propres ailes.

Soutenir le « go to market »

Et si la ville de Troyes a été choisie pour le baptême de la première promotion, ce n’est pas seulement pour y faire un acte de foi. Parmi les 24 start-up du Grand Est sélectionnées pour participer au programme, sept sont basées à Troyes et, plus précisément, à la Technopole de l’Aube. Une donnée qui réjouit évidemment Philippe Pichery, président du conseil départemental et François Baroin, président de Troyes Champagne Métropole qui y voient l’aboutissement des efforts et de la vision qu’avait eus Philippe Adnot il y a 25 ans. Jean Rottner confirme : « Si cela se passe à Troyes, ce n’est pas un hasard ».

Parmi les 24 entreprises, toutes des entreprises qui réalisent déjà un chiffre d’affaires et qui sont en train d’attaquer leur marché. Le fameux « go to market  » qui est un cap particulièrement périlleux pour les start-up qui, en phase d’incubation, se sont organisées pour développer leurs innovations, beaucoup moins pour constituer une force de frappe commerciale. Pour la mise en œuvre de ce programme triennal, la Région Grand Est mobilise 4,5 millions d’euros pour des prêts d’honneur et 1,8 million d’euros pour l’accompagnement individuel (financement jusqu’à 30 000 euros par an).

Traverser la « vallée de la mort »

« Ce programme va permettre aux entreprises de persévérer après le développement. De survivre à la fameuse vallée de la mort », estime Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims venue en voisine saluer la performance d’Indigo et Utronix, start-up rémoises qui participeront au programme.

Ce programme Scal’E-nov est porté par l’agence d’innovation Grand E-Nov, laquelle s’appuie sur l’aide financière de BPI France et l’expertise de Wilco, l’accélérateur de start-up. Des compétences dont chacun espère qu’elles pourraient au final donner naissance à une ou plusieurs « licornes  », ces start-up qui sont valorisées plus d’un milliard de dollars. Dans l’Aube, il y en a déjà eu une : LDR Médical.

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Une partie des lauréats de cette première promotion de Sca’E-nov. La Région voulait aider 15 start-up. Devant la qualité des dossiers, elle en soutiendra 24.

Les 24 start-up appelées à décoller

Fizimed : Cette start-up a développé une sonde et une application pour la rééducation du périnée. Destinée aux femmes ayant accouchées, cette start-up emploie sept personnes à Strasbourg. Emeline Hahn marque l’essai pour Fizimed en Janvier 2018.

In’air solutions : Cette entreprise est née en 2006 pour mesurer la qualité de l’air intérieur et notamment le formaldéhyde. « Une innovation unique au monde ». Elle emploie 10 personnes à Strasbourg.

Kwit  : Il s’agit d’une méthode de lutte contre la dépendance au tabac qui se base sur la thérapie comportementale. L’application compte 120 000 utilisateurs. 9 personnes y travaillent à Strasbourg.

HypnoVR :Hypno VR fait de l’hypnose médicale avec des casques de réalité virtuelle. La réalité virtuelle, le nouvel antidouleur.. Hypno VR : l’hypnose médicale en réalité virtuelle comme alternative à l’anesthésie. Il s’agit de proposer une hypnose médicale aux hôpitaux au moment où ils en ont besoin grâce à la réalité virtuelle. Dix personnes y travaillent à Strasbourg.

Indigo connected retail  : Cette société rémoise vise à faciliter le merchandising des magasins physiques pour qu’ils soient aussi facile de s’y retrouver que sur Amazon. La société vient de passer de 4 à 16 employés.

Opta LP : Opta LP, à Troyes, a développé des algorithmes qui permettent d’optimiser des lignes robotisées, le ramassage scolaire ou de prévoir les affluences aux urgences.

Myrissi : Elle a développé une intelligence artificielle liant couleur, émotion et parfum. Sur application pour les particuliers (Myriscent) et service sur mesure pour les industriels. Elle est basée à Nancy.La co-fondatrice et directrice scientifique, Dr.Muriel Jacquot, vous propose de découvrir la technologie innovante de Myrissi. Un travail basé sur 10 années de recherches : Myrissi sur le JT 19/20 de France 3 Grand Est !.

Strataggem  : Ce spécialiste des capteurs à onde radio est capable de capter des données partout et de tout géolocaliser. Basé à Strasbourg, il emploie six personnes.

Scalingo : Cette start-up propose un hébergement cloud pour les développeurs web qui leur permet de ne plus avoir besoin de serveurs ni d’administrateurs systèmes. La start-up est basée à Strasbourg.

Romy  : Autre troyenne, Romy propose de fabriquer des produis cosmétiques sur-mesure grâce à une application et un formulateur, une machine semblable à une machine à café. Elle emploie 8 personnes.

Eurocelp : Cette start-up troyenne a développé une caméra qui mesure et classe les pommes de terre pour qu’elles répondent parfaitement aux besoins des clients. Elle emploie six personnes.

Hearfit : Basée à Troyes, Hearfit a mis au point une application de rééducation auditive intégrée à un fauteuil. Hearfit, le fauteuil qui rééduque vos oreilles est aubois.

Vazee  : La société propose à ses clients de scanner leurs additions de restaurant en échange de bons d’achat. Et Vazee exploite les données pour offrir des profils aux marques. Basée à Strasbourg, elle emploie 13 personnes et compte 200 000 utilisateurs.

Akhal  : L’entreprise a développé des guêtres pour faciliter la récupération des chevaux et d’autres solutions à la suite. Elle emploie 5 personnes à Troyes. "J’ai lancé ma startup de dispositifs au service de ma passion : l’équitation".

Xtramile : Cette société basée à Metz a développé une plateforme pour mettre en relation les recruteurs et les chercheurs d’emploi en agrégeant toutes les données et en exploitant les outils en ligne.

Mes sorties CE : Cette plateforme propose des sorties pour les comités d’entreprises. Cela permet de trouver, comparer et organiser des sorties. Il s’agit d’une équipe de 4 personnes basée à Haguenau (Bas-Rhin).

Atolia : C’est une seule et même application qui permet de rassembler tous les outils pour travailler en équipe, partager des documents et élaborer des projets. L’équipe est à Strasbourg.

Proptium : Cette start-up de trois personnes permet d’améliorer les process industriels trois fois plus rapidement car elle simule les changements avant qu’ils soient en place.

Wizzvet : C’est une plateforme de formation continue en ligne pour les vétérinaires. Fondé par des vétérinaires, elle emploie 4 personnes à Strasbourg. Une ancienne de Plug&Start Troyes. Wizzvet lève 835 000 euros en juin 2016 pour devenir leader européen de la formation en ligne des vétérinaires.

Altermaker : Ces Troyens proposent de modéliser sur leur plateforme l’éco-innovation pour la rendre la plus efficace possible. Ils emploient six personnes.

Utronix : Basé à Reims, cette startup propose de suivre la pomme de terre « de la fourche à l’assiette ». Le suivi est en effet capital pour la filière. Elle pourait le déployer pour d’autres produits. Elle emploie 23 collaborateurs.

LevelS3D : La start-up de la Technopole de l’Aube permet de numériser tous les bâtiments existants. Avec toutes les applications qui suivent. Elle compte 12 collaborateurs.

Easy transac : Cette start-up de 10 personnes propose de transformer tout portable en terminal de paiement. Simple et énorme. 25 000 commerçants l’utilisent déjà.

J’aime mon artisan : Il s’agit d’une marketplace qui simplifie les travaux et le recours aux artisans et permet aux industriels de proposer leurs solutions. Elle est basée à Strasbourg.

L’essentiel

Scal’E-nov est un programme d’accompagnement très complet des start-up du Grand Est. Il dure trois ans. Outre des ateliers collectifs et des interventions d’experts, il prévoit un apport financier conséquent

Un prêt d’honneur à taux zéro (jusqu’à 150 000 euros par entreprise) est accordé pour le renforcement des fonds propres.

une subvention de 30 000 euros maximum par startup et par an, pourfinancer pendant 3 ans, à hauteur de 50 %, le recrutement ou l’intervention d’un business développeur ou d’un commercial.

Publié le 04 fevrier 2019 dans lest-eclair


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