Une force de frappe économique qui fait sens à Nancy-Brabois en 2015. Le technopôle de Nancy-Brabois

, par christophe Juppin

Créé à la fin des années 1970, le technopôle de Nancy-Brabois est devenu le principal pôle tertiaire de l’agglomération. Par la voie de l’association NB Tech, le site affiche son ambition : instaurer du liant entre les 220 établissements de ce territoire en créant une nouvelle synergie. Une dynamique comme un souffle nouveau pour cette valeur économique ajoutée de l’agglomération.

« C’est un lieu curieux mais riche. » Denis Heftre, à la tête de l’association NB Tech qui regroupe les entreprises présentes sur le technopôle de Nancy-Brabois, sait mettre les mots sur ce territoire du Grand Nancy.

A cheval sur plusieurs communes dont Villers-lès-Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, le technopôle est un kaléidoscope pas toujours aisé à comprendre. Créé dans les années 1970 juste après Sophia Antipolis dans les Alpes-Maritimes, le technopôle de Nancy-Brabois est le principal pôle de bureaux de l’agglomération. Plus de 216 entreprises y sont installées, représentant 10 000 emplois. Elles se répartissent de la façon suivante : 55 % en informatique/électronique/télécommunications, 20 % médical et biotechnologies, 15 % recherche et 10 % conseil et transfert de technologies ;

On en connaît les figures de proue comme le CHRU, l’Institut de Cancérologie de Lorraine, l’INRS, l’Institut national polytechnique de Lorraine ou encore la faculté de médecine. On connaît moins les pépites de l’économie lorraine qui y sont installées aussi. Chaque jour, 20 000 personnes travaillent ou transitent sur le site, faisant du pôle un lieu de vie très conséquent. Mais difficile de mettre une étiquette sur ce secteur accueillant en grande majorité des entreprises du secteur tertiaire dans des domaines comme le technico-médical, la recherche ou le développement. Trouver une dénomination commune n’a pas forcément de sens. Mais faire du technopôle une communauté reconnue avec pour les usagers un esprit d’appartenance, voilà le cheval de bataille de l’association NB Tech. Née en mai 2014, avec à sa tête Denis Heftre, entrepreneur sur le site depuis 10 ans, l’association a mis en place un plan d’action précis et pertinent pour redonner de l’élan au territoire. « Il est difficile de mettre tout le monde autour d’une table. Mais créer du lien, c’est d’abord apprendre à se connaître. C’est le premier objectif de l’association. Alors tous les mois, NB Tech organise des petits déjeuners pour pouvoir faire connaissance avec ses voisins », explique Denis Heftre.

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A la tête du groupe ADH (recrutement, conseil RH, Out placement, bilan de compétences, coaching) qu’il a fondé, président de l’association NB Tech (Nancy Brabois Technopole), il est passionné par la sociologie des territoires et l’approche systémique humain-organisation. — Photo : Jean-François Michel

NB Tech n’invente pas l’histoire, elle existe déjà. Donner du liant, créer du sens et des interactions, partager des moments et une destinée commune, voici la recette de Denis Heftre pour redonner aux entreprises la fierté d’appartenir à un territoire. La finalité, elle est évidente. Celle de faire rayonner le technopôle ici et ailleurs.

Pour faire bouger les lignes, il faut convaincre de l’intérieur. Les hommes et les femmes du technopôle seront alors les meilleurs ambassadeurs pour développer l’attractivité du site. NB Tech vient d’éditer le premier guide pratique du technopôle en collaboration avec l’Aduan. Dans cette bible de l’usager, on trouve toutes les adresses pour déjeuner à midi, la liste des services comme les crèches, les cabinets médicaux, les bureaux de Poste, les pharmacies ou les coiffeurs. Chaque jour, NB Tech propose des activités de loisir ou sportives comme le jardinage, l’art du gribouillage, de la sophrologie, de la marche nordique ou un coach partagé pour une séance de running dans les parcs et forêts jouxtant le site. Rien de tel pour faire bouger le technopôle. Une commission « Services » a permis de recenser les besoins des entreprises et adapte ainsi l’offre proposée. «  Nous venons par exemple d’installer un distributeur de pain frais créé par la société Elodys. La machine est alimentée par un boulanger du secteur », ajoute Denis Heftre. Une autre commission s’intéresse tout particulièrement à la mobilité. Un plan de déplacement inter-entreprises (PDIE) coordonné par l’Aduan et son président Jean-François Husson a considérablement amélioré les conditions de déplacement des usagers. Lancé dès 2011, le PDIE s’est d’abord engagé dans un grand diagnostic. Une tâche complexe vue l’étendue du site. Mais les résultats sont là avec la création du technostop, d’arrêts de covoiturage devant le CHRU, de la mise à disposition de flottes de vélos, la mise en place de l’autopartage ou encore la création d’une carte des parcours piétons.

En un peu plus d’une année, NB Tech n’a pas ménagé sa peine. L’association ne cache pas son ambition. « Un technopôle, c’est un pôle de recherche et d’application de la recherche. C’est ce que nous sommes. Nous avons besoin d’une Lorraine qui vit et qui est moderne. Le technopôle Nancy-Brabois est un secteur qui compte. Nous devons aujourd’hui nous définir d’Artem jusqu’à la faculté de médecine. C’est en étant rattaché à Artem que nous pourrons démultiplier nos forces  », affirme Denis Heftre. Sur le plan comme dans l’action, l’idée a du sens.

Publié par Céline Lutz le 15 septembre 2015 sur https://www.lasemaine.fr


Pour en savoir plus :

- Lancement des réseaux de diffusion technologique le 14 décembre 1988
- Une force de frappe économique qui fait sens à Nancy-Brabois en 2015.
- Comment le Technopole de l’Aube réussit à attirer des projets innovants
- Troyes intègre la « French Tech » et réunis son Board le 26 avril 2019