Un cluster dans la robotique « pour se tourner vers l’avenir » en Bourgogne-Franche-Comte en avril 2018

, par christophe Juppin

Le cluster Robotics Valley, à l’initiative notamment des Unions des industries et des métiers de la métallurgie de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire, veut créer une véritable dynamique dans un domaine d’avenir.

C’est sur la zone Cap Nord à Dijon, au sein de l’entreprise ACE - Automatismes du Centre Est - qu’ont été accueillis chefs d’entreprises et représentants de collectivités ou d’organismes partenaires du cluster.

Un plaisir pour Alain Roulon, président d’ACE, qui a d’abord évoqué son entreprise en parlant de « 45 ans d’aventure humaine », d’une aventure dont l’ADN est la sidérurgie (fabrication de pièces hydrauliques), aujourd’hui forte de 157 salariés sur 6 sites, dont 120 collaborateurs sur le site de Dijon.

Alain Roulon a d’ailleurs inscrit ACE dans la dynamique du cluster : « C’est la force du mouvement. Nous tenons à accompagner nos entreprises sur l’industrie 4.0. Développée seule, la robotique n’apporte rien. Nous avons une culture pour l’industrie du futur. C’est par la capacité à mobiliser sur des compétences transversales que nous arriverons à former des techniciens de demain ».

Promouvoir les usages de la robotique et qualifier la main d’oeuvre

Le cluster Robotics Valley s’inscrit telle une brique du programme portant sur l’industrie du futur en Bourgogne-Franche-Comté. Sa création est à l’initiative des UIMM 21 et 71. Elle est le résultat d’un groupe de travail et d’une étude auxquels ont contribué l’Etat, la Région et le CETIM (Centre technique des industries mécaniques).
Pierre-Etienne Girardot, chef du service Compétitivité des entreprises et développement des territoires à la DIRECCTE Bourgogne-Franche-Comté, l’a évoquée : l’étude a permis d’identifier et de clarifier les besoins, dans les grandes entreprises et dans les PME, des installateurs aux constructeurs (RB3D à Monéteau dans l’Yonne , Sarrazin à Perrecy-les-Forges, Vecteo au Creusot, MC Robotics à Besançon…), dans la robotique intégrée mais aussi dans les nouvelles robotiques. Sans oublier une vingtaine d’établissements en Bourgogne-Franche-Comté formateurs sur la thématique de la robotique.

Les enjeux mis en avant sont les suivants : démocratisation des usages de la robotique, qualification de la main d’oeuvre par un renfort de la formation, encourager les nouvelles robotiques impulsées par les " start-up " dans leurs structurations et dans leurs positionnements sur les marchés.

Pour l’UIMM 21, son président Philippe Guerit entend, dans une phase de reprise économique, axer la relance sur l’attractivité des métiers pour faciliter le recrutement tout en accompagnant les industriels vers les nouvelles technologies.

« Pour des projets tournés vers l’avenir »

Pour lui, la création du cluster en est une étape de plus, portée par le pôle de formation UIMM 21/71. Président de l’UIMM 71, Damien de Margon a insisté sur cette initiative, dont est partenaire l’Université de Bourgogne, en soulignant lui aussi une dynamique collective, « pour des projets tournés vers l’avenir et fédérateurs plus largement ». Le CETIM a ciblé la robotique comme un domaine du futur, qui crée de l’emploi et fait croître les entreprises.

« Que toutes ces forces convergent dans la même direction », a souhaité Yannick Mahé, en charge du pôle technologique, à propos d’un projet structurant pour l’avenir. Passé le contexte, sur lequel sont aussi revenus les représentants des collectivités (interventions à retrouver ci-dessous), il s’est arrêté sur les ambitions du projet : permettre aux PME, ETI et autres établissements concernés du territoire de disposer de supports techniques et de moyens technologiques mutualisés.
Ce cluster Robotics Valley, comptant déjà 9 projets de recherches, est amené aujourd’hui à se développer en « un lieu d’expérimentation, de synergies, de formation
 ».

Ils ont dit aussi

Denis Hameau
Conseiller métropolitain à Dijon Métropole

« C’est ici qu’on crée la valeur, qu’on crée les emplois, et qu’on fait le monde de demain. Je veux vous dire pourquoi les clusters sont importants pour nous. Et ils sont nombreux.
L’industrie en Bourgogne-Franche-Comté représente 90 000 personnes, et c’est la moitié en Bourgogne. C’est une industrie diverse.
Pour nous, le création de ce cluster Robotics Valley doit renforcer la filière autour de quatre axes majeurs : le développement de nouveaux marchés, l’innovation collaborative pour trouver de nouvelles inspirations, la formation et l’emploi.
On a voté un contrat Métropole-Région de 50 millions d’euros. L’innovation et la recherche y sont fortes. Je crois à ces croisements de compétences. Le cluster sera une réussite »

Jean-Claude Lagrange
Vice-président du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté

« Venant du bassin Le Creusot-Montceau, je suis bien content de voir des usines et des industries ici. Il est grand temps que le pays revienne à son tissu industriel. Le nombre de robots, c’est 30 000 en France et environ 200 000 en Allemagne.
On peut aujourd’hui parler de toute une région Bourgogne-Franche-Comté dont le potentiel industriel renaît, notamment avec les PME et les ETI.
Le soutien de la Région et de l’Etat, c’est un message très fort. La volonté de chacun ne suffit pas, il faut une envie collective de travailler. C’est cela la création d’un cluster. C’est un élément de plus dans la stratégie régionale. Et il y a un vrai sujet à saisir sur l’usine du future.
Marrions la créativité française à la rigueur allemande. On a trop dévoyé nos ETI. Il faut aujourd’hui les renforcer. La Région soutient déjà le cluster à hauteur de 300 000 euros, sans oublier toutes les actions qui pourront être financées.
Comme le disait Nelson Mandela : aucun d’entre nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès. »

Christiane Barret
Préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté

« Cet événement vient en clôture d’une Semaine de l’Industrie réussie. Je l’avais lancée le 26 mars avec l’UIMM. Cette opération a pour but de véhiculer une image positive de l’industrie auprès de jeunes, mais aussi auprès de leurs parents. Le deuxième objectif de cette Semaine est de valoriser les industries et leurs rôles économique et social, mais aussi leurs capacités à développer l’innovation. Il faut saluer l’action de tous les partenaires.

195 événements ont été labellisés Semaine de l’Industrie dans la région. Il y en avait 166 l’année dernière, et 152 lors de l’année précédente. La Bourgogne-Franche-Comté est la sixième région en termes d’événements.
L’industrie est encore une terre de conquêtes. On oublie souvent qu’elle représente 85 % de notre R&D et plus de 70 % de nos exportations. Et la recherche se fait aussi dans les entreprises.

C’est également la première fois cette année, depuis 17 ans, que l’industrie est créatrice nette d’emplois. Nous en avons créé 6 400 au dernier trimestre 2017, une belle performance qu’il convient de souligner. Chaque trimestre, ce sont plus de 100 000 offres d’emplois qui sont collectées par Pôle Emploi.

Ces réalités nous touchent particulièrement en Bourgogne-Franche-Comté car nous sommes la première région industrielle de France. Une culture industrielle y est fortement ancrée. Les emplois dans l’industrie représentent 17,3 % des emplois dans la région, contre 12,5 % au niveau national.

D’autre part, le thème de la Semaine de l’Industrie était l’industrie connectée. L’industrie est résolument moderne et se transforme à grande vitesse pour intégrer ces nouvelles technologies, de la robotisation en l’occurrence. Il y a un changement de paradigme à faire : célébrer nos réussites.

En termes de robotisation, ce n’est pas dénigrer mais c’est faire un constat, nous sommes en retard. Le chiffre objectivé, c’est 125 robots installés pour 10 000 salariés en 2016 en France, contre 282 en Allemagne et 435 en Corée. Notre pays a encore du travail.

On peut donc se féliciter de la dynamique lancée pour constituer ce cluster, dans la continuité des efforts déjà réalisés. Pour avancer, il y a des conditions, avec un aspect régional, transversal et de formation. Régional car le travail commun doit primer au-delà des clivages. Transversal car le cluster ne doit pas se limiter à une certaine catégorie d’entreprises. Formation car il faut des salariés qualifiés.
Il faudra profiter des PIC (Plan d’investissement dans les compétences) et PIA (Programme d’investissements d’avenir). Nous avons les ingrédients, les compétences et les leviers pour progresser, pour que ce cluster robotique s’étende. »

Alix Berthier

Publié par Alix Berthier le 09 avril 2018 dans www.infos-dijon.com


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